L'année la plus chaude

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En cette fin d'année, il serait impossible de passer à côté du dossier des... (Photo Associated Press)

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

En cette fin d'année, il serait impossible de passer à côté du dossier des changements climatiques. Tant sur le plan environnemental que politique, les choses se précipitent.

Après avoir écouté trop longtemps les grenouillages des climato-sceptiques, les chefs d'État, réunis à Paris au début du mois de décembre à l'occasion de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se sont rangés à l'avis des scientifiques. Ils ont affirmé haut et fort leur détermination de s'attaquer au problème. En paroles du moins.

L'accord de Paris reste encore à ratifier par les parlements, mais son adoption à l'unanimité par les négociateurs le 12 décembre est un fait historique dont on se souviendra. Il y a toutefois loin de la coupe aux lèvres! Par analogie, entre la résolution du jour de l'An et les vingt livres perdues, plusieurs peuvent en témoigner, l'échec guette. Car il en va dans le domaine de la lutte aux changements climatiques comme dans celui des saines habitudes de vie. La volonté est nécessaire, mais sans un investissement concret et un changement effectif, les résultats sont loin d'êtres garantis.

L'année qui se termine sera la plus chaude jamais enregistrée depuis 1880. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) qui enregistre ces mesures est formelle (http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/). Cette agence du gouvernement américain travaille en collaboration avec les centres de recherche aux États-Unis et ailleurs dans le monde et sa rigueur scientifique est difficile à mettre en doute. Si on regarde le graphique des anomalies climatiques depuis 1880 (https://www.ncdc.noaa.gov/cag/time-series/global/globe/land_ocean/ytd/11/1880-2015), on se rend aisément compte que cela résulte d'une tendance forte et accélérée dans les dernières décennies. C'est la faute à El Nino? Bien sûr, nous connaissons cet hiver un épisode du phénomène qui perturbe le climat dans le Pacifique, mais l'amplitude de l'anomalie climatique et sa persistance depuis vingt ans ne peuvent être attribuées à El Nino, malgré la chanson de Plume Latraverse!

La cause la plus probable identifiée par la communauté scientifique est au moins aux deux tiers due à l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, dont on peut suivre l'évolution depuis 1958 (http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/index.html) à l'observatoire de Mauna Loa (Hawaï) et dans tout un réseau mondial d'observation couvrant de l'Antarctique au Groenland. Chaque année, la moyenne augmente en raison de l'incapacité des puits naturels de carbone que sont les forêts et les océans d'absorber nos émissions de ce gaz pourtant indispensable pour la végétation. L'heure est grave, car si l'accord de Paris stipule que nous devons agir pour rester «très en dessous de 2 degrés d'augmentation de la moyenne de température préindustrielle avant la fin du siècle», nous avons dépassé cette année un degré d'augmentation et il nous reste moins de vingt ans au rythme actuel avant que cet objectif devienne insaisissable.

Tout cela est bien difficile à observer pour le commun des mortels, car nous sommes soumis à la météo de chaque jour et de chaque saison, là où nous vivons. Ce n'est que sur le long terme, et sur de vastes territoires qu'on peut mesurer l'évolution du climat. C'est pourquoi l'expérience sensorielle est inadéquate en cette matière. C'est là que les scientifiques, avec leur analyse des données patiemment accumulées, sont les seuls qui puissent nous donner des réponses. L'année 2015 est la plus chaude jamais enregistrée. C'est une tendance à long terme dont nous avons identifié la cause. Avec l'Accord de Paris, les gouvernements du monde entier ont convenu qu'il fallait faire quelque chose. Le nouveau gouvernement canadien aussi. C'est en 2016 que nous verrons s'ils sont sérieux. Je nous souhaite qu'il en soit ainsi!

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