L'objectif climat sera-t-il atteint?

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L'Accord recherché à Paris demande aux pays de... (Photo Associated Press)

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L'Accord recherché à Paris demande aux pays de faire une contribution nationale volontaire à la réduction des émissions de GES qui permette «de limiter l'augmentation de la température planétaire à moins de deux degrés au-dessus de la période préindustrielle».

Photo Associated Press

 

Claude Villeneuve
Le Quotidien

La conférence de Paris s'en vient à grands pas. À la fin de novembre, les gouvernements de 195 pays seront conviés à la 21e conférence des Parties de la Convention cadre des Nations-Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC). Ils devront y adopter un accord qui balisera l'action dans le domaine de la lutte et de l'adaptation aux changements climatiques.

Alors que la CCNUC, adoptée en 1992, visait à «stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau qui permettra de prévenir des interférences anthropiques dangereuses avec le système climatique. Un tel niveau devra être atteint suffisamment tôt pour permettre aux écosystèmes de s'adapter naturellement au changement climatique, pour assurer que la production alimentaire ne soit pas affectée et pour permettre au développement économique de se faire d'une manière durable».

Le Protocole de Kyoto, négocié en 1997, ne fixait pas ce niveau. Il portait plutôt sur la nécessité pour les pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) à 94% du niveau de 1990, en moyenne entre 2008 et 2012. L'Accord recherché à Paris demande aux pays de faire une contribution nationale volontaire à la réduction des émissions de GES qui permette «de limiter l'augmentation de la température planétaire à moins de deux degrés au-dessus de la période préindustrielle». Avec déjà une augmentation de un degré en banque, c'est un objectif très ambitieux. Mais les pays y arriveront-ils?

Les scientifiques ont déterminé que nous devions, pour arriver à stabiliser la température sous le seuil de deux degrés, il ne faudrait pas avoir émis au total plus de 3,67 billions de tonnes de CO2 équivalent. Or, depuis la révolution industrielle, nous en avons déjà émis 2,6 billions! Il nous reste donc 1 billion ou 1000 milliards de tonnes à émettre. En 2013, nous en avons émis 57 milliards de tonnes. À ce rythme, le quota serait atteint en 2034 ou 2035. L'heure est grave!

Les modélisateurs du climat disposent d'outils informatiques très puissants pour prédire comment la concentration des GES dans l'atmosphère influencera la température moyenne planétaire d'ici la fin du siècle. Ils ont défini une trajectoire qui nous permettrait d'atteindre l'objectif du futur accord de Paris. C'est le scénario «RCP2,6». Selon ce scénario, nous devrions déjà avoir plafonné les émissions avant 2020 et par la suite les réduire jusqu'à zéro. Le jour où nous devrons atteindre zéro-émissions dépend de la vitesse à laquelle nous allons dépenser ce qui nous reste de budget. Par la suite, il faudra absorber plus de CO2 que nous n'en émettons, ce qui est difficile à concevoir dans l'état actuel des technologies.

Le problème des engagements volontaires des États est qu'on doit se fier sur leur bonne foi et leur faire confiance. Or, si on regarde ce qui s'est passé avec le Protocole de Kyoto, on se rend compte que les engagements ne sont pas toujours réalisés. En octobre 2015 seulement 80 pays avaient soumis des engagements. Par exemple, la Chine a promis de stabiliser ses émissions vers 2030. Peut-on leur faire confiance? Il semble qu'ils vont mettre en place un marché du carbone dès l'an prochain. Mais les engagements déjà souscrits par les plus grands émetteurs sont très insuffisants pour nous permettre d'atteindre le scénario RCP2,6. Actuellement, ces engagements nous mènent à un réchauffement de 3,5 degrés d'ici la fin du siècle. C'est très loin de la cible! On peut suivre la projection de l'efficacité des engagements sur le site de Climate interactive (https://www.climateinteractive.org/tools/scoreboard/).

À chaque année qui passe, nous nous éloignons de la cible. Il devient difficile de croire qu'on l'atteindra.

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