La transition énergétique

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«Nous avons donc produit environ une tonne de CO2 pour une facture énergétique totale de moins de 500$, électricité et essence comprises», écrit l'auteur.

Archives, La Tribune

 

Claude Villeneuve
Le Quotidien

Il y a un an, nous avons changé notre vieille voiture hybride contre une nouvelle qui peut être branchée au réseau électrique. Sur 250 000 kilomètres, notre vieille auto avait réussi à maintenir une moyenne mesurée de 5,4 litres aux 100 kilomètres. La nouvelle, après un an d'utilisation affiche une consommation de 2,9 litres aux 100 kilomètres, plus environ 1200 kilowattheures. Nous avons donc produit environ une tonne de CO2 pour une facture énergétique totale de moins de 500$, électricité et essence comprises. Pas de problème d'autonomie, puisque lorsque les batteries sont déchargées, le moteur thermique prend le relais. En revanche, pour la plupart des déplacements entre la maison et l'université ou les commerces, la voiture ne consomme aucune essence, sauf par temps très froid.

L'humanité est très dépendante d'un approvisionnement énergétique suffisant et de qualité. Malheureusement, plus de 80% de l'énergie primaire consommée dans le monde provient des carburants fossiles (pétrole, gaz et charbon). La combustion de ces ressources non renouvelables cause de très nombreux impacts environnementaux, en particulier l'émission de polluants acides et de particules, mais aussi l'émission de gaz à effet de serre (GES). Ces émissions se font tout au long du cycle de vie que ce soit dans l'extraction, le transport, le raffinage ou la distribution. Mais c'est au moment de l'utilisation qu'ils sont les pires. Les polluants atmosphériques affectent la santé humaine et la santé des écosystèmes, mais les émissions de GES contribuent aux changements climatiques. Il n'est plus pensable dans l'état de nos connaissances actuelles de continuer d'émettre des GES au même rythme si on veut éviter la catastrophe. C'est l'enjeu de la conférence de Paris cet automne: comment continuer de satisfaire les besoins humains, et en particulier les besoins d'énergie, en abaissant radicalement la quantité d'émissions de GES? La réponse n'est pas simple et elle touche un ensemble de facettes de l'activité humaine. Dans le domaine de l'énergie, il faut impérativement diminuer la consommation de carburants fossiles. Cela signifie qu'il faut continuer de fournir les services énergétiques dont les gens ont besoin (éclairage, chauffage, force motrice) avec de nouvelles sources d'énergie moins polluantes et augmenter radicalement l'efficacité énergétique, tant chez les producteurs que chez les consommateurs. C'est ce qu'on appelle la transition énergétique.

Cette semaine je suis invité à Évian en France pour donner la conférence d'ouverture d'une université d'été internationale et à Genève pour explorer les perspectives de la transition énergétique pour la Suisse. J'en profiterai aussi pour faire des rencontres avec des collègues intéressés à nos nouveaux outils d'analyse systémique de la durabilité. L'université d'été porte sur les sources d'énergie renouvelable. Elle est organisée par l'Université du Québec à Trois-Rivières en collaboration avec l'Université de Savoie-Mont Blanc en France et la Haute école spécialisée de Suisse occidentale sous le patronage de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Les sources d'énergie renouvelable, hydraulique, éolienne, solaire, marémotrice, houle, géothermie et biomasse sont au coeur de la transition énergétique. Cependant, leur déploiement se heurte à plusieurs obstacles. L'efficacité énergétique, pour sa part, représente le potentiel le plus important et le plus facile à saisir pour s'engager dans cette voie. L'exemple de notre nouvelle voiture est parlant. Elle fonctionne à l'énergie renouvelable en substitution à l'essence, mais surtout, elle est beaucoup plus efficace qu'une auto conventionnelle, puisqu'elle récupère l'énergie au freinage. La technologie existe, il nous reste à la généraliser.

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