Une alternative prometteuse

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«Ainsi, dans les sept projets déjà complétés, les... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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«Ainsi, dans les sept projets déjà complétés, les réductions dépassent 35 000 tonnes de CO2 par année, ce qui est considérable. En fait, c'est l'équivalent de retirer 7000 voitures de la circulation.»

Le Soleil, Patrice Laroche

 

Claude Villeneuve
Le Quotidien

Mardi dernier, je me suis rendu à Causapscal, dans la Matapédia, pour dévoiler les résultats d'une analyse de cycle de vie (ACV) comparant la performance d'un projet de chauffage, avant et après l'installation d'une nouvelle chaudière alimentée avec de la biomasse forestière résiduelle. L'étude, qui a duré plus de deux ans a permis de parvenir à des conclusions claires: le chauffage de l'hôpital d'Amqui dans la Matapédia émet aujourd'hui 2,4 fois moins de gaz à effet de serre (GES) qu'avant le changement. C'est un gain net intéressant, surtout que la chaudière précédente émettait déjà peu, la chaleur étant produite à 90% avec de l'électricité et 10% avec du mazout. C'est la première fois qu'une telle étude était réalisée au Canada.

L'ACV est une forme d'évaluation des impacts environnementaux d'un produit ou d'un service qui s'intéresse à l'identification et à la synthèse des impacts de l'ensemble des phases d'un projet allant de l'extraction des ressources jusqu'à la disposition des déchets. En langage populaire, on parle de l'analyse de la vie d'un produit ou service «du berceau au tombeau». Ainsi, il faut évaluer les impacts de la mine au dépotoir ou au recyclage selon les produits et comptabiliser toute l'énergie liée au transport et à la transformation dans chacune des phases de la fabrication et de la phase d'utilisation. Cette démarche est encadrée par la norme «ISO 14 044». L'ACV comparative, quant à elle, compare deux options pour produire un produit ou un service jugé équivalent et pour déterminer lequel a le moins d'impacts dans son cycle de vie. Ainsi dans notre étude, nous comparions les impacts des deux chaudières pour fournir un gigajoule de chauffage. La norme exige que lorsqu'une ACV comparative sert à informer le public, elle soit révisée point par point par une firme externe indépendante de spécialistes accrédités. Dans notre étude, c'est la firme Quantis de Montréal qui a effectué le travail.

Le réseau biomasse Matapédia (http://www.reseau-biomasse.com/) est un regroupement d'entreprises et d'organismes qui ont comme mission de positionner la région comme pôle d'excellence en valorisation de la biomasse forestière résiduelle. Ces résidus sont mis en andains, laissés à sécher sur place pour une année et par la suite transformés en copeaux qui alimenteront des chaudières à biomasse.

Dans leur chaîne d'approvisionnement, la biomasse est transportée sur de petites distances pour remplacer le mazout. Cela donne un grand avantage en termes d'économie d'énergie et de réduction des GES. Surtout, le bois est un matériau renouvelable. Les arbres captent le CO2 par la photosynthèse et lorsqu'on brûle le bois, le CO2 qui est produit par la combustion est récupéré à nouveau par la croissance des arbres si les forêts sont bien gérées. Ainsi, on peut penser que contrairement au CO2 d'origine fossile, qui est émis par la combustion du mazout, il n'affecte pas significativement le climat planétaire.

Le cas de l'hôpital d'Amqui nous a permis de faire une étude de sensibilité qui démontre que plus la proportion de mazout est grande pour fournir 1 gigajoule de chauffage, plus la différence des émissions entraînée par l'utilisation de la biomasse résiduelle forestière est forte. Ainsi, dans les sept projets déjà complétés, les réductions dépassent 35 000 tonnes de CO2 par année, ce qui est considérable. En fait, c'est l'équivalent de retirer 7000 voitures de la circulation.

Cette étude peut être très intéressante pour les entreprises qui fabriquent ici des granules ou autres produits du bois pour l'énergie, mais elle ne peut pas être utilisée sans ajustements. En effet, chaque mode de production a ses caractéristiques propres qui peuvent changer les résultats.

Claude Villeneuve remet son cachet au Fonds de développement de l'UQAC.

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