Le triste sort de Cuba

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Irma a causé d'importants dommages en Floride et... (Archives AP)

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Irma a causé d'importants dommages en Floride et dans les Caraïbes.

Archives AP

Mélanie Côté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je n'apprendrai rien à personne en disant que l'ouragan Irma a frappé fort en Floride et dans les Caraïbes. Les images de dévastation tournent en boucle dans les différents médias depuis une semaine.

Mais pendant que tous les yeux étaient tournés vers la Floride, alors que l'ouragan n'y avait pas encore touché terre, les Caraïbes tentaient tant bien que mal de limiter les dégâts causés par les pluies torrentielles et les vents de plus de 200 km/h.

Depuis le passage d'Irma, le premier ouragan de force 5 à frapper Cuba en près de 100 ans, le peuple se démène pour se reconstruire une vie. Les rues sont inondées, les maisons détruites, l'électricité coupée. Des vagues de plus d'un mètre sont entrées à La Havane et certains secteurs sont inondés jusqu'à 500 mètres des rives. L'aéroport de Cayo Coco a été complètement détruit.

La province de Villa Clara, où se situe l'aéroport desservant l'île de Cayo Santa Maria, au nord de Cuba, a subi des dommages considérables. L'île est reliée par un pont jeté de 48 kilomètres, un pedraplen, en espagnol, et plusieurs des ponts qui le composent n'ont pas résisté. Selon ce qu'on entend, les informations provenant de Cuba entrant au compte-gouttes, plusieurs hôtels ont été ravagés, certains ayant besoin d'être reconstruits; d'autres, rénovés.

Les employés de ces hôtels habitent pour la plupart Caibarien, Remedios, Santa Clara, Camajuani. Toutes des villes grandement touchées. Des maisons à reconstruire, des villes à refaire, pour des gens qui n'ont plus de travail. La principale économie de Cuba, le tourisme, est grandement affectée. Dans des déclarations qui ont circulé sur Internet et les réseaux sociaux, on y apprend que le gouvernement tente d'encourager les Cubains en affirmant que ce qui touche le tourisme serait prêt pour la haute saison. Déjà, les travailleurs sont à pied d'oeuvre pour rétablir la situation.

Pendant le plus fort de l'ouragan, j'ai été en mesure de parler avec un ami cubain via texto. Il me racontait que les vents étaient très forts, la pluie abondante, et qu'il tentait de sauver sa maison. Dans les jours qui ont suivi, les communications ont été plus difficiles. Deux ou trois jours sans aucune nouvelle. Internet est difficile d'accès et, surtout, plusieurs secteurs sont privés d'électricité.

Sur un groupe Facebook créé pour les clients répétitifs d'un hôtel de Cayo Santa Maria, les messages affluent par dizaines, chaque heure. Tout le monde veut savoir ce qu'il advient des employés de l'établissement. Les clients relaient les informations, envoient de l'argent à leurs amis, rechargent leur téléphone cellulaire pour rester en contact.

Plusieurs choses m'ont surprise. Premièrement, la force des Cubains. Des photos et des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des gens souriants, décidés à passer au travers l'épreuve. D'un autre côté, malheureusement, des gens se plaignent de perdre leur semaine dans un tout-inclus. Pourquoi ne pas juste laisser le temps aux Cubains de se relever, de reconstruire leur vie et leur ville?

La situation n'est pas plus drôle en Floride, dans les Keys. Mais les Américains ont davantage les moyens de se relever, et vite. Au moment où j'écris ces lignes, la situation revient déjà à la normale à plusieurs endroits. Oui, il y a des dommages considérables. Mais les États-Unis ont ce que Cuba n'a pas. Les moyens financiers.

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