Les dessous d'un article XXX

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Le 7 septembre, ceux et celles qui caressent... (Photo 123RF)

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Le 7 septembre, ceux et celles qui caressent le rêve de percer dans l'industrie de la porno sont invités à l'Hôtel Plaza de La Baie, où des auditions et un party érotique seront organisés

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai signé quelques textes, plus tôt cette semaine, concernant un événement « olé olé » qui se tiendra bientôt à La Baie. La boîte de production AD4X s'amène pour offrir l'occasion aux gens intéressés de passer des auditions, histoire de peut-être percer dans l'industrie de la pornographie. Évidemment, chaque fois qu'il est question de sexe, l'article a été lu, puis relu. Encore et encore. Les commentaires ont afflué sur la page Facebook du Quotidien et l'article a été partagé quelques centaines de fois.

J'entendais parler de cet événement érotique depuis quelques semaines déjà et j'ai décidé de me pencher plus amplement sur le sujet. Je voulais bien comprendre l'événement et, plutôt de lire ce qui se disait sur les médias sociaux, je suis allée directement à la source en appelant le président et directeur général d'AD4X. Que voulez-vous, ma curiosité est difficile à rassasier.

Si je vous raconte tout ça, c'est qu'on a parlé en bien, mais aussi en mal, de mon reportage.

L'un des commentaires m'a particulièrement interpellée. « Pourquoi Le Quotidien fait-il de la pub pour cette activité louche ? Les filles qui vont être filmées là-dedans risquent fort de "scrapper" leur vie et, en plus, on leur dit que ça ne sera pas payant. Patricia Rainville, pourquoi es-tu complice de ça ? », a écrit une fidèle lectrice.

Pas de pub

Je tiens premièrement à dire qu'on ne fait pas de « pub » chaque fois qu'on écrit un texte sur quelque chose. On ne faisait pas de publicité à Yves Martin lorsqu'on a dépêché deux journalistes au Palais de justice de Chicoutimi durant des semaines pour la tenue de son procès. Pourtant, certains lecteurs nous ont reproché de trop parler de lui et de trop lui accorder d'importance.

Il y a quelques années, on m'a reproché d'encourager les gens à acheter de la drogue sur Internet, car j'avais signé un reportage sur le « web profond », sur lequel il est possible de se procurer stupéfiants, armes et bien d'autres choses complètement illégales. Pourtant, je ne donnais pas la marche à suivre pour le faire, mais j'avais simplement réalisé une entrevue avec un adepte du « deep web ».

Au tout début de ma carrière, je m'étais également fait accuser d'être homophobe, puisque j'avais signé des articles sur les activités sexuelles qui avaient lieu sur les terrains vagues de Saint-Jean-Vianney. Évidemment, à cette époque, j'avais plutôt été attristée par ce commentaire.

Je me souviens avoir relu plusieurs fois mon texte, à la recherche de ce qui permettait à ce lecteur de me traiter d'homophobe. Je n'ai jamais trouvé et, au fil du temps, j'ai appris à me forger une carapace. J'écoute les commentaires, les critiques et les insultes, mais j'ai aussi appris à ne pas me laisser abattre. Comme cette fois où j'ai « brisé la magie de Noël » d'un enfant en publiant un texte sur la folie des lutins, il y a quelques années. J'avais reçu un courriel d'insultes d'un parent, dont l'enfant était tombé sur le journal...

Neutralité

J'aimerais surtout que les gens comprennent que ce n'est pas parce qu'on écrit sur tel ou tel sujet que nous les endossons. Suis-je une adepte des auditions porno parce que j'écris sur un événement qui va se passer ici, à côté de chez nous ? Non. Suis-je responsable des personnes qui décideront de passer ces auditions ? On parle ici d'hommes et de femmes majeurs et vaccinés. Il n'est nullement question de pornographie juvénile et, qu'on le veuille ou non, la pornographie, ce n'est pas illégal. Ça ne cadre peut-être pas dans les valeurs de tout le monde et certains préfèrent évidemment qu'on taise le sujet, mais il s'agit d'un événement qui aura lieu ici et qui, en plus de ça, est légal. Pourquoi ne devrions-nous pas en parler ?

Mais ce qui me surprendra toujours, ce sont les commentaires du genre « vous n'aviez vraiment pas de nouvelles aujourd'hui pour mettre ça dans le journal ». Au cours des derniers jours, je me suis fait parler de cet article par des dizaines et des dizaines de personnes.

Même le caissier du dépanneur où je vais régulièrement m'a interpellée là-dessus, me disant que c'était agréable de lire quelque chose qui faisait changement.

La morale de cette histoire ? Il faut de tout pour faire un journal et, surtout, on ne peut pas plaire à tout le monde.

Et non, je ne passerai pas ces auditions. Je préfère plutôt écrire sur le sujet. Mais je promets que je n'en parle plus!

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