J'aurais voulu être Gaspésienne

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Les grands voiliers ont offert un merveilleux spectacle... (Le Progrès, Patricia Rainville)

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Les grands voiliers ont offert un merveilleux spectacle devant le rocher, lors de notre escale.

Le Progrès, Patricia Rainville

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je vous l'ai dit il y a deux semaines, je n'avais encore jamais mis les pieds sur la péninsule gaspésienne. Et c'est dans cette région du Québec que j'ai passé ma semaine de vacances estivales. Mon père m'a dit qu'on était déjà allé à Matane lorsque j'étais petite. Mais je ne m'en souviens plus et, entre vous et moi, pour un enfant, Matane n'est certainement pas la destination la plus excitante qui soit.

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Je devais me retenir pour ne pas demander à mon pilote d'arrêter toutes les dix minutes, tellement la route 132 offre de belles prises de vues.

Le Progrès

D'ailleurs, à première vue, la Gaspésie ne me semblait pas la destination vacance la plus exotique. Je l'admets, j'avais quelques préjugés envers la péninsule. Je croyais qu'on y mourait d'ennui et je ne comprenais pas l'engouement que pouvait susciter un gros caillou avec un trou dedans. Eh bien, je crois que je n'ai jamais eu autant tort.

Nous sommes donc partis en périple de 10 jours, en moto, avec nos bagages bien accrochés de chaque côté de l'engin. Il faisait un soleil radieux et nous avons commencé par atteindre Forestville pour monter à bord du traversier qui relie la Côte-Nord à Rimouski. Le catamaran devait nous amener de l'autre côté de la rive en une heure, mais en raison d'un manque d'huile, l'un des deux moteurs ne fonctionnait pas. Mon plaisir n'a été que doublé, puisque j'adore les balades en bateau.

Une fois sur la terre ferme, dans le Bas-Saint-Laurent, nous avons pris la direction de Sainte-Anne-des-Monts pour notre première escale. Trois jours dans une auberge située directement sur les rives du Saint-Laurent.

Je dirais que c'est entre Matane et Sainte-Anne-des-Monts que le dépaysement peut commencer. Les centaines d'éoliennes qui se dressent, majestueuses, sur notre route et le fleuve qui s'élargit à vue d'oeil offrent des panoramas à couper le souffle. Je vous le dis, je ne croyais pas que les Gaspésiens avaient une aussi belle région. En continuant notre route vers Percé, trois jours plus tard et sous un soleil de plomb (pendant qu'il pleuvait à verse à Montréal) je devais me retenir pour ne pas demander à mon pilote d'arrêter à chaque dix minutes, tellement la route 132 qui sillonne les cotes propose des petites merveilles de vues.

Mais, de toute façon, j'avais trop hâte de voir le fameux Rocher Percé. Et lorsque je l'ai vu apparaitre au loin (nous sommes arrivés par Gaspé, ce qui fait en sorte que le Rocher se dresse au loin, une trentaine de kilomètres avant d'atteindre le petit village de Percé) j'ai été saisie par l'énormité de la chose. Il n'y a pas une seule photo au monde qui rend justice à ce gigantesque bloc de roc baignant dans les eaux du Golfe. Et le village de Percé est tellement minuscule qu'on a peine à croire qu'il peut accueillir un demi-million de touristes chaque année. Chaque été, plutôt, puisque le village est désert en hiver.

L'offre touristique est toutefois exceptionnelle à Percé, comparativement au reste de la péninsule. Les restos sont ouverts jusqu'à tard en soirée et il semble y avoir plus de boutiques de souvenirs que dans le Vieux-Québec. La rue principale est toujours pleine à craquer et les terrasses sont bondées. Et devant ce tout petit village se dresse l'un des plus beaux paysages que j'ai vus de toute ma vie ; le Golfe, l'île Bonaventure, le Rocher et le Mont-Joli. J'ai été chanceuse, les grands voiliers, qui avaient fait halte à Québec quelques jours plus tôt, sont venus faire leurs beaux devant Percé durant quelques heures, durant notre escale. J'ai même barboté quelques minutes dans les eaux du golfe Saint-Laurent, avant de retourner dans le spa de l'hôtel, installé devant la grosse roche.

Avoir su que j'aimerais autant cette portion de la Gaspésie, j'aurais réservé une nuit de plus. Parce que, bien personnellement, l'autre côté de la péninsule est un peu moins intéressant. Il y a bien eu Carleton-sur-Mer, où j'ai eu un petit coup de coeur, mais après Percé et la côte ouest, rouler dans la vallée de la Matapéria, ça fait un peu penser au parc des Laurentides.

Si la Gaspésie peut se vanter sans trop se gêner d'avoir les plus beaux paysages de la province, le nombre de maisons à l'abandon et les commerces fermés m'ont frappé. Un paradoxe assez triste, lorsqu'on voit le nombre de touristes parcourir la péninsule en été, mais qui la délaissent complètement le reste de l'année.

Alors, pour ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans le pays de René Lévesque, faites un petit effort pour encourager cette région où le taux de chômage atteint presque 15 %. Même si y voyager coûte aussi cher que s'envoler dans le Sud.

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