La Baie, mon terrain de jeu

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N'est-ce pas magnifique ?... (Le Progrès, Patricia Rainville)

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N'est-ce pas magnifique ?

Le Progrès, Patricia Rainville

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je suis une Baieriveraine.

Une Baieriveraine d'adoption, devrais-je dire, puisque je m'y suis installée il y a un an et demi. Comme je vous le racontais la semaine dernière, j'ai déménagé à de nombreuses reprises dans ma vie et j'ai habité dans tous les arrondissements de Saguenay. Si je suis une pure et dure Chicoutimienne, enfant, j'avais fait un court séjour d'un an à La Baie, mais je ne m'y étais jamais vraiment établie. Jeune adulte, j'ai également habité à Jonquière et, plus jeune, j'ai aussi vécu à Arvida, Rivière-du-Moulin et Chicoutimi-Nord. Bref, j'ai pas mal fait le tour de la ville.

Entre vous et moi, j'ai longtemps eu un préjugé défavorable envers La Baie. Je trouvais ça loin et je ne voyais pas trop ce que les gens trouvaient à cet arrondissement. Il faut dire que, plus jeune, j'étais peut-être un peu insensible aux beautés de la nature. Ce qui me sautait aux yeux, c'était plutôt les installations portuaires de Rio Tinto, qui ne sont pas, on doit l'avouer, la 8e merveille du monde. Enfin bref, je ne me voyais pas devenir plus tard une Baieriveraine. Mais aujourd'hui, je crois qu'il serait assez difficile de me faire quitter ce petit coin de pays, que j'appelle mon terrain de jeu à ciel ouvert.

Parce qu'on va se le dire, La Baie, c'est absolument magnifique. Je demeure vraiment tout près du parc Mars alors vous comprendrez que j'ai un accès privilégié aux plus beaux paysages du monde entier (bon, j'exagère sans doute, mais à peine) et à tout ce qu'il faut pour faire un peu de plein air. Même mon chum, qui vient de Kamouraska (ceux qui y sont déjà allés comprendront) trouve que La Baie, c'est pas mal beau.

Voyez-vous, au moment où j'écris ces lignes, j'arrive tout juste de faire un petit 8 kilomètres de jogging sur la piste cyclable qui longe la baie des Ha ! Ha ! J'ai trotté d'un quai à l'autre, sous un soleil de plomb. Arrivée presque chez moi, en sueur, je me suis baignée un peu dans la baie, afin de me rafraîchir. L'eau n'était même pas froide, je vous jure. Et pour ceux et celles qui disent que se baigner dans le Saguenay, c'est « dégueu », je vous répondrai que je me baigne dans le fleuve Saint-Laurent sans problème et que tant qu'il n'y a pas de sangsue, je suis la première à me jeter à l'eau. Je me baigne même à la plage de la baie de Beauport, à Québec, où la baignade est interdite un jour sur deux pour des raisons obscures, c'est bien pour dire.

Alors, après avoir barboté quelques minutes dans la baie, j'ai ensuite renfilé mes vêtements et mes espadrilles et je suis rentrée à la maison à pied. Tout ça sans utiliser ma voiture et surtout, en n'ayant pratiquement pas besoin de courir au milieu du trafic. Pouvez-vous croire que j'ai accès à une plage sans utiliser mon char ? Moi, je n'y crois pas encore.

D'ailleurs, c'est en revenant de Montréal, cette semaine, que j'ai vraiment pris conscience de la chance que j'avais de vivre ici. Ce n'est pas que je déteste la grande ville, mais je l'aime à petites doses. Contrairement à mes meilleures amies qui se sont exilées dans la métropole, je suis une vraie fille de région et si je finis par quitter la mienne, ce sera sans doute pour une autre.

Je discutais d'ailleurs avec mes amies montréalaises, ce week-end, et elles me racontaient avoir de la difficulté à planifier du temps pour s'entraîner. C'est normal, elles doivent planifier une demi-heure de leur temps juste pour se rendre au gym. De mon côté, en une demi-heure, j'ai le temps de me rendre à la croix du sentier Eucher et de brûler 200 calories.

Évidemment qu'il y a des avantages à vivre dans la métropole. Il y a le « nightlife », les festivals, les boutiques à perte de vue, les transports en commun et l'accès à l'emploi. Mais pour le moment, mon parc Mars et ma belle baie me comblent pas mal plus qu'une offre interminable d'événements mondains. Parce que je suis une fille de région. Et j'en suis pas mal fière.

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