S'envoyer en l'air, non merci

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Je suis montée dans un CF-18, il y... (Photo Le Progrès, Michel Tremblay)

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Je suis montée dans un CF-18, il y a quelques semaines. J'ai envoyé cette photo à mon père, lui disant que je l'avais finalement fait, ma ballade jet. La différence, c'est qu'il est resté immobile, bien ancré au sol!

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Plusieurs auront les yeux tournés vers le ciel, ce week-end. Ils regarderont les prouesses des pilotes réunis à la base militaire de Bagotville pour le fameux spectacle aérien.

Il se peut bien que je m'y rende moi-même, pour le plaisir ou pour le travail, je ne sais pas encore. Je n'ai pas de réelle passion pour les avions, mais ça vaut toujours le coup d'oeil. 

Le spectacle aérien de Bagotville, ça me fait toujours penser à une anecdote qui s'est produite il y a de ça quelques années. Ça devait être en 2012.

Mon chef de nouvelles, ce sacré Normand, m'avait téléphoné sur mon cellulaire.

- Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?, qu'il m'avait demandé.

- Rien de spécial, pourquoi ?

- Veux-tu aller faire un tour de CF-18 ? Il reste une place et j'ai pensé à toi.

-...

- Pis ? Tu dois te décider vite, ils t'attendent à la base.

- Non, merci.

Alors c'est ça. J'ai refusé un tour d'une heure en CF-18. Mon père m'en parle encore, des années plus tard. Normand aussi n'a jamais compris mon refus. Et bien d'autres personnes, qui estiment que je suis passée à côté de la chance de ma vie.

Si j'ai refusé ce jour-là, c'est parce que je me souvenais trop bien de ce qui m'était arrivé, quelques semaines auparavant. Je réalisais alors une entrevue avec un homme qui avait construit lui-même son Cessna. Nous étions à l'aéroport de Saint-Honoré, lui, moi et Rocket, le photographe. Son Cessna pouvait voler et avait toutes les certifications nécessaires.

- Veux-tu faire un tour ? m'avait demandé mon interviewé. 

- Oui, c'est sur !

Nous avons donc décollé de Saint-Honoré pour une petite balade au-dessus des monts Valin. J'étais installée à côté du pilote et Rocket se trouvait derrière. Il devait bien faire 50 degrés dans ce petit avion. Au-dessus des monts Valin, le pilote, un homme que je ne connaissais que depuis une heure environ, a décidé de faire une petite prouesse aérienne. Rien de bien spectaculaire, mais juste assez pour me virer l'estomac à l'envers. Ah oui, j'avais oublié de lui dire que je souffrais du mal des transports...

Je me suis mise à ne pas bien aller de tout. J'avais chaud. J'avais mal au coeur. 

- Passe-moi un petit sac, Rocket.

- Tu me niaises ?

- Non, envoye.

J'ai vomi. Non pas une, mais bien trois fois. Dans un petit sac. À côté d'un monsieur que je venais d'interviewer. Et il restait une bonne demi-heure de vol. J'étais gênée comme j'ai rarement été gênée dans le cadre de mon travail. Le pilote a été bien gentil, s'excusant d'avoir fait cette petite manoeuvre qui m'a anéantie. 

Inutile de dire que j'avais hâte de poser les pieds sur la terre ferme. 

Alors, quand on m'a proposé un tour en CF-18, j'ai tout de suite su que je ne m'en sortirais pas vivante. J'aurais eu les yeux fermés durant une heure, à vomir dans mon masque et en priant le ciel qu'on me délivre de cette souffrance. J'ai préféré laisser la chance à quelqu'un qui rêvait vraiment de monter à bord de cet engin. 

Je pense d'ailleurs que mon collègue Rémi-Gilles a été bien heureux que je refuse cette chance !

Quelques mois plus tard, on m'a proposé de faire une balade en hélicoptère, organisée en marge de la visite d'un bateau de croisière, à La Baie. À bord, il y avait quelques personnalités connues, dont le maire de Saguenay, Jean Tremblay. Je me suis imaginé vomir entre le maire et le pilote. J'ai décliné l'offre, une fois de plus. C'est ma chef de pupitre, Mélanie, qui est montée à bord à ma place. 

Imaginez-vous donc que j'ai récidivé, il y a quelques jours, lorsque j'ai dit non à un tour en Snowbirds. Vous savez, ces avions rouges et blancs qui font des prouesses en l'air et qui volent à quelques centimètres de distance les uns des autres. 

C'est encore Normand qui me l'a offert, croyant que je n'allais pas dire non une troisième fois. Eh bien, il faut dire que j'ai de la suite dans les idées, puisque je ne monterai pas à bord de cet engin. Des plans pour que je fracasse une vitre pour me jeter dans le vide en plein vol. J'ai aussi pensé au pilote. Ça serait plate pour lui de devoir m'endurer à vomir ma vie dans sa machine... 

Je suis prête à faire bien des affaires dans le cadre de mon travail. Je ne suis pas la plus peureuse et, habituellement, j'aime bien me retrouver en terrain glissant. Amenez-moi en bateau, en moto, en auto, en vélo, en train, en Formule 1, mais les tours d'engins qui volent, si ce n'est pas un avion qui a de l'allure, je préfère laisser ça à d'autres. 

Je suis même prête à faire un tour de régates, si on ne me demande pas de participer au concours des Miss en échange.

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