Embarque, ma belle, je t'amène n'importe où

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
CHRONIQUE / J'ai mal aux fesses. (Archives La Presse)

Agrandir

Archives La Presse

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai mal aux fesses.

Notre chroniqueuse parcourt le Québec à moto avec... - image 1.0

Agrandir

Notre chroniqueuse parcourt le Québec à moto avec son amoureux.

Je savais que cette simple petite phrase allait attirer votre attention. Et non, vous n'êtes pas en train de lire la chronique de sexologie du Progrès Week-end.

Si mes muscles fessiers me font souffrir depuis quelques jours, c'est que je me suis tapé 2000 kilomètres de moto, la semaine dernière. Pour ceux qui suivent mes péripéties régulièrement, mon électricien de chum était de retour du Grand Nord pour une semaine et mon patron, qui est tellement gentil avec moi, m'a permis d'avoir quelques jours de vacances en sa compagnie.

J'ai été initiée à la moto l'été dernier. Je n'étais embarquée sur une machine à deux roues qu'à de rares occasions dans ma vie, accompagnée de mon père. Petite, j'ai quelques souvenirs d'avoir fait de la moto derrière lui, avec mon petit casque bleu, blanc, rouge. Adolescente, il m'a fait faire des tours avec son nouvel engin, qu'il s'était procuré avec sa blonde. 

Mais je n'avais encore jamais fait de moto sport. Pas un « racer », mais quelque chose avec un moteur qui tire pas mal. L'été dernier, au moment de mon initiation, nous faisions plutôt des petites balades à Québec, où mon chum vivait à ce moment-là. Mais il a changé son « becycle », cette année, et chaque fois qu'il a un petit moment libre, il est sur sa moto. Avec moi en arrière, la plupart du temps.

Donc, après un mois dans le Nord, s'il avait hâte de me retrouver, il avait aussi bien hâte de retrouver son petit jouet tout neuf. Juste pour vous donner une idée de l'importance qu'a sa moto dans sa vie, son auto est encore chaussée de ses pneus d'hiver, puisqu'il ne l'utilise pratiquement pas en période estivale.

Donc, sortir avec un motard, c'est accepter d'avoir mal aux fesses une bonne partie de l'été. C'est aussi accepter de dire adieu aux belles coiffures et voyager avec le strict minimum. C'est également risquer de traverser le Parc des Laurentides à 1 degré Celsius. Parce qu'une moto sport, ça n'a rien à voir avec un Goldwin. Il n'y a pas de chauffage et pas de petit coussin pour le dos et le derrière. 

J'ai été « jouquée » les pattes en l'air, bien accrochée sur mon motard de chum, de Saguenay au Lac-Saint-Jean, en passant par Kamouraska et Trois-Pistoles jusqu'à Québec, en plus d'un petit détour par Petit-Saguenay. Je sais, mon itinéraire n'a aucun sens, mais c'est seulement pour vous donner une petite idée des kilomètres parcourus. 

J'avais déjà mal aux fesses lorsqu'on est arrivé au traversier de Saint-Siméon pour nous rendre à Rivière-du-Loup.

Ce qui me surprend toujours, avec les motards, c'est leur capacité à se lier d'amitié entre eux. En arrivant au traversier, deux couples de motards, âgés dans la cinquantaine, attendaient pour monter à bord du bateau. Les dames étaient bien assises derrière leur monsieur, l'un au guidon d'une Harley-Davidson et l'autre à celui d'une BMW. Elles m'ont lancé un petit regard plein de compassion lorsqu'elles m'ont vu enfourcher l'engin sport sur lequel je prenais place. Mais, entre vous et moi, je préfère encore endurer un petit mal de fesses qu'être assise sur un La-Z-boy roulant avec les bancs chauffants et la radio dans les oreilles.

« Tu es jeune, tu vas finir par changer d'idée ! », m'a dit l'une des dames en souriant. Peut-être. Mais pas pour le moment. Parce que nous, on peut décoller juste sur une roue et que je peux me coller bien fort sur mon pilote.

Pendant que les dames me jasaient, mon chum était en grande conversation avec le propriétaire de la Harley. On a vite su d'où il venait, où il allait, à quel moment il avait acheté sa moto, quel modèle il avait avant celle-là et qu'il était allergique aux oeufs. C'est presque épuisant de devoir converser avec chaque motard qui croise notre chemin. Pensez-vous sérieusement que je suis intéressée à connaître la force du moteur de la moto d'un homme que je ne connais même pas? Pas trop, non... La force du moteur de la moto sur laquelle je fais un tour ne m'intéresse même pas, alors celles des autres, encore moins !  

Ce qui me fait aussi sourire, chez les motards, c'est le petit salut qu'ils se font entre eux sur la route. Je dois avouer que je trouvais ça un peu niaiseux, les premières fois. Mais je m'y suis vite habituée. Et maintenant, lorsqu'un motard ne nous renvoie pas notre salut, ça m'insulte. Ce qui signifie sans doute que je suis devenue une vraie motarde.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer