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Les Voyageurs de Saguenay... (Archives le Progrès, Michel Tremblay)

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Les Voyageurs de Saguenay

Archives le Progrès, Michel Tremblay

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'ai accompli un défi de taille, samedi dernier. Non, je n'ai pas fait une autre course à obstacles, mais quelque chose d'encore plus difficile. J'ai été journaliste aux sports.

Ça fait presque neuf ans que je suis au Quotidien. Mais, voyez-vous, il y a des domaines où on excelle un peu moins. C'est le cas des sports pour moi. Je suis bien bonne pour monter de belles pages de la section sportive. Je suis même capable de fabriquer la page de statistiques que vous voyez dans le journal. 

D'ailleurs, mon patron a dû trouver mes pages de statistiques tellement belles qu'il m'a appris que j'allais être journaliste aux sports, samedi dernier. Vous allez me dire qu'il n'y a plus de publication papier le dimanche et que je suis en train de vous raconter un poisson d'avril en retard, mais deux journalistes sont toujours en poste le samedi pour alimenter le site web et l'application du Quotidien et du Progrès. Mon collègue Jonathan, qui a l'habitude d'être en poste le samedi, avait été dépêché à Saint-Jean pour le repêchage de la LHJMQ. Il fallait donc quelqu'un pour tenir le fort. 

Un peu nerveuse

Je ne vous cacherai pas que j'étais un peu nerveuse. Les sports et moi, ça fait deux. J'aime bien le hockey, mais ne me demandez pas d'analyser le coup de patin d'un joueur. Je suis religieusement les Jeux olympiques, mais ne me demandez pas de vous expliquer les règlements de tel ou tel sport. Et, surtout, ne me demandez pas de déchiffrer le sommaire d'une partie de baseball. 

Parlant de baseball, mon plus grand défi était de faire un compte-rendu du programme double des Voyageurs de Saguenay, qui avait lieu ce jour-là à Trois-Rivières. J'avais évidemment un peu peur de passer pour une nouille en téléphonant à l'entraîneur-chef, en fin de soirée. À 22h30, je me décide à lui lâcher un coup de fil, après avoir suivi distraitement la partie sur Internet. La beauté d'être journaliste, c'est qu'on a toujours une foule de choses à faire en même temps. 

L'entraîneur n'a pas répondu du premier coup, me forçant à lancer un appel à l'aide à mon collègue Jonathan, qui avait fini sa journée de travail à Saint-Jean. Habituellement, dans une salle de rédaction, il y a toujours quelqu'un pour nous aider. Pas le samedi. On est seul, laissé à nous-mêmes comme de petits animaux blessés. Sans doute Jonathan a-t-il trouvé mes questions niaiseuses, mais il a pris soin de ne pas me décourager. Et il m'a soufflé quelques phrases clés à l'oreille, dont j'allais pouvoir me servir plus tard.

Le coach m'a finalement rappelé à 23h. Je n'ai malheureusement pas pu lui jaser très longtemps, puisque je devais au même moment transférer ma page de statistiques. Bref, j'avais un peu la broue dans le toupet.

J'avoue que j'ai pris plus de temps pour écrire mon texte sur les Voyageurs que ça m'en aurait pris pour écrire deux pages sur un meurtre commis à Jonquière ou sur les promesses électorales d'un politicien quelconque.

Mais bon, j'y suis arrivée. Peut-être que je ne m'en serais pas sortie sans aide, mais j'étais tout de même bien fière de mettre mon texte en ligne sur le site Internet du journal à 23h45. Et lorsque les Voyageurs ont partagé mon texte sur leur page Facebook quelques minutes plus tard, j'ai vu ça comme une consécration. Je me voyais devenir la prochaine Linda Hébert. Rien de moins. 

Bon, je ne serai peut-être pas engagée à RDS la semaine prochaine, mais, encore une fois, je me suis rendu compte que, de nos jours, les journalistes doivent être capables d'écrire sur n'importe quel sujet. Et même si on ne peut pas exceller dans tout, il fait être bon dans n'importe quoi.

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