Ma muse

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C'était en novembre 2011. (Photo 123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

C'était en novembre 2011.

Fébrile, nerveuse et quelque peu inquiète, je signais ma toute première chronique. Nous devions, Laura et moi, chroniquer pour quelques mois seulement, en remplacement du congé d'un collègue. Finalement, le collègue est revenu, mais notre patron nous a fait une petite place et nous sommes encore là, six ans et demi plus tard. Selon mes calculs, j'ai signé autour de 330 chroniques, au cours de ces dernières années. Toujours, ou presque, en compagnie d'une autre personne.

Évidemment, bien des choses se sont passées depuis. 

Laura est devenue maman et Catherine a eu le mandat de la remplacer pendant son congé maternité. De mon côté, je ne signe plus mes chroniques avec la même insécurité qu'à mes débuts, je n'ai pas eu de bébé et vous allez être pogné avec moi pour quelque temps encore.

Pas facile à remplacer

Lorsque Catherine nous a annoncé son départ, la première chose à laquelle j'ai pensé, c'est bien sûr notre page D'une fille à l'autre. Il fallait encore que je laisse partir ma collègue de chroniques. Pas facile à remplacer, une personne avec qui je dois, semaine après semaine, m'entendre sur un sujet. Un doux mélange entre même longueur d'onde et opposition. Déjà que chroniquer n'est pas une mince affaire, alors quand vous devez le faire à deux, la tâche se complique légèrement. Pour être honnête, dénicher une troisième collègue de page, en attendant le retour de la première, me décourageait quelque peu.

La seule personne qui me venait en tête ne répondait pas aux critères de sélection.

Hors des critères

Cette personne ne cadrait même pas dans le nom de la rubrique D'une fille à l'autre, pour la simple et bonne raison qu'il s'agissait d'un homme. Je me suis dit que ça pourrait être drôle, signer une chronique aux côtés du monsieur qui remplit, de toute façon, un rôle primordial depuis novembre 2011. Un rôle qu'il tient à merveille sans le vouloir et sans faire aucun effort. 

Vous aurez compris que cet homme est ma muse depuis les tout débuts. Il est d'ailleurs cité en exemple régulièrement dans mes chroniques et, lorsque je vous parle d'un « collègue », c'est la plupart du temps le même d'une fois à l'autre.

Un p'tit côté macho

Il faut dire qu'il a un petit côté macho qui m'inspire lorsque je n'ai pas d'idée. Et même si je suis régulièrement en train de m'obstiner avec lui, au fond, il n'est pas aussi sexiste qu'il le laisse paraître. Mais il aime bien nous confronter, nous, ses chères collègues féminines.

Imaginez-vous que cet homme, j'en entendais parler même lorsque j'étais petite. Comme plusieurs d'entre vous le savent déjà, ma mère a fait toute sa carrière au Quotidien. Elle le côtoyait à l'époque, comme je le côtoie aujourd'hui. Il la mettait souvent hors d'elle par ses propos machos et elle m'en parlait une fois arrivée à la maison. Comme quoi il était prédestiné à devenir ma muse, des années plus tard. Je me suis dit que le moment était venu. Ma muse devait sortir de l'ombre. Oui, ça aurait pu faire des flammèches, mais je suis absolument certaine que le résultat aurait été particulièrement drôle et souvent intéressant.

Une fille s'essaye

Alors voilà, j'ai pris mon courage à deux mains, lorsque j'ai appris que Catherine nous quittait, et j'ai demandé à mon chef de nouvelles, Normand, s'il voulait bien chroniquer avec moi cet été. Il a rigolé et m'a dit non.

Eh bien coudon. Une fille s'essaye comme on dit.

Rejetée, triste et déçue, j'ai pris la décision de voler de mes propres ailes cet été, en attendant le retour de maman Laura. Je chroniquerai donc seule comme une grande fille. Je parlerai de ce que je veux, sans devoir m'entendre avec personne, libre comme l'air. Ça va faire du bien, je pense.

Et Normand, tu ne perds rien pour attendre.

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