La rechute

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CHRONIQUE / Pendant que certains relevaient le défi de la Fondation Jean... (Photo 123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Pendant que certains relevaient le défi de la Fondation Jean Lapointe, qui consiste à ne pas consommer d'alcool pendant 28 jours, moi, je m'étais lancé un tout autre défi. À vrai dire, c'est ma compagne de page qui avait eu cette idée. Ne pas acheter un seul morceau de linge durant un mois.

Bon, je sais, ce défi peut sembler d'une facilité déconcertante pour plusieurs. D'ailleurs, un collègue me disait avoir dépensé pour la dernière fois en avril 2016 pour sa garde-robe. «Mais je me suis acheté un ski-doo par exemple!», qu'il s'est empressé d'ajouter. 

Personnellement, je suis plus du genre petites que grandes dépenses. Je suis le genre de filles à consommer des vêtements régulièrement. Hebdomadairement, pour la plupart du temps. Pas de grosses factures, mais des petits morceaux de linge par-ci par-là. Ça fait du bien au moral. Encore plus agréable qu'une coupe de vin.

Alors, le défi de ma collègue en était un de taille à mes yeux. Pas mal plus difficile que de ne pas consommer d'alcool dans mon cas. J'imagine qu'on a tous une petite dépendance enfouie au fond de nous. Moi, c'est le magasinage.

Bon, vous vous demandez sans doute si je l'ai réussi. Eh bien non. 

Tout allait pourtant très bien. Je n'ai pas dépensé durant 23 jours. Et j'aurais eu de bonnes raisons de le faire, puisque j'avais un baptême et plusieurs petites sorties au programme. Mais j'ai résisté. J'ai fait le grand ménage de ma garde-robe, ce qui m'a permis de ressortir des morceaux de vêtements que j'avais complètement oubliés. 

Mais voilà qu'il y a une dizaine de jours, j'ai flanché. C'est de la faute à mon chum. Il avait repris la route pour le Nord après un trop court séjour. Il tombait encore des dizaines de centimètres de neige dehors et j'étais complètement déprimée. 

J'ai bien essayé de résister, mais je me suis échouée au centre d'achat. J'aurais bien pu faire ma rechute en silence et ne pas en parler à personne, mais imaginez-vous donc que je suis tombée nez à nez avec ma chère collègue, dans l'allée d'un magasin. J'étais prise en flagrant délit... Elle qui avait déjà échoué son propre défi s'est fait un malin plaisir à me prendre la main dans le sac. 

Je suis rentrée à la maison avec quelques sacs cette journée-là. Tant qu'à échouer, autant le faire comme il se doit. Et pour dire vrai, je ne pensais pas battre Catherine sur ce coup-là, puisque je connais ma forte dépendance au magasinage. 

Ce soir-là, lorsque j'ai avoué ma lamentable rechute à mon chum, il a ri un peu de moi. Évidemment, je me suis empressée à lui mettre ça sur le dos. 

«Franchement! C'était beaucoup trop facile comme défi, tu aurais pu le réussir haut la main. Du linge, tu en as à la tonne», m'a dit celui qui venait tout juste de s'acheter une nouvelle moto... 

Encore une fois, les hommes ne peuvent pas comprendre.

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