Du chemin à faire

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CHRONIQUE / Quand mon frère m'a lancé l'idée de faire un voyage frère-soeur,... (Photo 123rf)

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Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand mon frère m'a lancé l'idée de faire un voyage frère-soeur, mon premier réflexe a été de me dire : «Yes! Je vais enfin pouvoir aller dans un pays moins ''safe''».

Je voyage généralement seule, loin des trucs organisés. Malheureusement, des pays moins sécuritaires pour une femme seule, il y en a des tonnes. Pour les hommes? Étrangement, pour eux, la liste est beaucoup moins longue. Ça se limite généralement aux pays où on risque de recevoir un obus par la tête...

Le pire, c'est que même les pays dits sécuritaires ne le sont pas toujours. J'ai déjà été suivie alors que je revenais à mon hôtel. Le type était de l'autre côté de la rue et marchait à sens inverse. Il a stoppé net en me voyant, a traversé et s'est mis à me suivre. Il a abandonné quand je me suis mise à marcher beaucoup trop vite pour que ce soit subtil de me suivre au même rythme. Le jogging c'est la santé, qu'on dit... 

Il y a aussi cette fois où j'ai été pourchassée pendant de longues minutes par un type qui se faisait plus qu'insistant, alors que je marchais tranquillement sur le trottoir. Après lui avoir dit que je n'étais pas intéressée et lui avoir souhaité bonne soirée, il a continué de marcher à mes côtés en me demandant où j'allais, ce que je faisais, et autres. J'ai accéléré le pas et j'ai fini par fixer devant moi, sans répondre. Il a fini par se tanner, m'a envoyé promener et a rebroussé chemin. Dans quelle ville exotique est-ce arrivé? Montréal.

Je n'ai jamais hésité à voyager, mais j'ai appris avec le temps à faire attention, «à ne pas faire exprès». En fait, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis fait dire que j'étais «bonne» de voyager seule. Ce n'est pourtant pas si compliqué que ça!

C'était la Journée de la femme mercredi. L'occasion de se rappeler tout le chemin parcouru...et tout le chemin qu'il reste à faire. Même au Québec.

On parle encore de parité homme-femme. En 2017. On a aussi parlé cette semaine de certains établissements de restauration qui ont décidé de laisser tomber la mini-jupe et les talons hauts de leur uniforme obligatoire. C'est-ti pas beau le progrès? Dommage que les commentaires sur Internet étaient loin d'être tous édifiants. Si seule une mini-jupe permet de faire apprécier un restaurant, c'est qu'on a un problème de société quelque part... Entendons-nous, pas une seule femme sensée au monde n'obligerait une autre à porter des talons aiguilles alors qu'elle travaille debout pendant huit heures!

Peut-être qu'un jour, tout ça va devenir banal. On n'aura plus besoin de faire des reportages sur des femmes aux métiers non traditionnels ou en affaires. Plus d'histoire sur la «taxe rose», ce montant que les femmes payeraient en trop pour certains items, plus de commentaires disgracieux sur l'habillement ou le poids de telle politicienne ou encore de la pilosité d'une autre...

Mais bon, comme on disait, il reste beaucoup de chemin à faire.

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