La panne

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Plusieurs clients d'Hydro-Québec ont été privés d'électricité mercredi... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Plusieurs clients d'Hydro-Québec ont été privés d'électricité mercredi et jeudi.

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Soyons honnête, c'était une tempête de qualité que nous avons «accueillie» mercredi et jeudi. Une vraie de vraie, qui s'est installée confortablement avec un chaos (justifié) sur les routes, un mercure plus que confortable et une neige lourde, collante.

J'ai même fait mon premier bonhomme de neige en près de dix ans.

Quand je suis rentrée du travail chez moi, mercredi soir, peu après minuit, j'étais euphorique. Il faisait si beau, et la neige était si belle! Ah! Les arbres, sous la lumière jaunâtre des lampadaires, étaient féériques. Je ne voulais pas que ça s'arrête. Je voulais que la neige tombe et tombe encore! Venez mes amies tempêtes, venez nous visiter plus souvent! Voyez comme nous sommes accueillants!

Et puis, il y a eu le lendemain.

Comme le trois quarts - j'exagère à peine - des citoyens de Chicoutimi-Nord et des centaines d'autres partout au Saguenay et au Lac, j'ai perdu l'électricité. C'est arrivé tôt et je dormais encore. Toutefois, j'ai un charmant réveil-matin en forme de robot. Celui-ci, lorsqu'il manque d'attention ou d'électricité, émet une longue plainte. Je sais, vous me direz que c'est aussi pratique qu'une roue carrée, mais que voulez-vous, je m'y suis attachée. Bref, ça m'a réveillée et au départ, je me suis dit que c'était l'occasion parfaite de vivre comme dans Les Filles de Caleb.

J'ai pris ma douche à la lueur d'une chandelle (il restait de l'eau dans mon chauffe-eau) et j'ai déjeuné avec deux «toasts crues». Ça avait son charme.

Sauf que les heures se sont mises à défiler rapidement. Et il faisait de plus en plus froid chez moi. Je vous avoue que je ne suis pas la personne qui abuse le plus du chauffage. Voici donc le seul point positif : lorsqu'il y a une panne d'électricité, je ne peux pas perdre la chaleur que je n'ai pas! Ha! Dans tes dents l'hiver! (Vous devinerez que ce n'est probablement pas l'idéal pour mes plantes et mes tuyaux, surtout pour mon cher bonsaï qui était déjà en soins palliatifs)

Je ne sais pas quand le courant est revenu, mais je sais que j'en ai été privée toute la journée. Adieu donc à mes poitrines de poulet, ma pinte de lait ouverte, mes oeufs et mon jambon. J'aime les sensations fortes, mais pas à ce point-là...

J'ai été chanceuse, je n'ose pas imaginer l'état des maisons de ceux sur la route Madoc, par exemple, qui ont été privés d'électricité pendant 38h. Un de mes amis qui demeure dans ce coin écrivait sur Facebook : «Ne jamais dépendre d'une unique source de quoi que ce soit, jamais».

Un sage conseil, ce à quoi un de ses amis a répondu : «c'est pour cette raison que j'ai des maîtresses»...

Quand j'ai emménagé, une des premières choses que j'ai faites, c'est de me débarrasser du vieux poêle à bois non conforme du sous-sol. Jeudi, je me trouvais moins fine. Heureusement qu'il ne faisait pas un froid polaire! J'aurais pu aller ailleurs, surtout que j'ai eu plusieurs invitations de gîte pour la nuit «si ta maison s'est transformée en palais de la Reine des neiges». Sauf que j'aurais été bien embêtée de savoir quoi faire si cela s'était prolongé. Fermer l'eau? Pleurer? Mettre le feu? Maudire l'hiver?

Je ferais une piètre survivaliste, il va sans dire. N'empêche que cette journée a été une bonne leçon. Reste à voir si je vais la retenir...

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