Des frissons au soleil

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Au cours des derniers jours, les preuves de... (Archives Le Soleil, Érick Labbé)

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Au cours des derniers jours, les preuves de solidarité se sont multipliées.

Archives Le Soleil, Érick Labbé

Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je vais vous faire une confidence, j'ai écrit les deux dernières chroniques, de même que celle-ci, le plus loin possible de Saguenay, tout en bas sur le globe terrestre, en Australie. Quand mon cellulaire a vibré pour m'annoncer qu'une fusillade avait eu lieu dans une mosquée à Québec, nous étions en plein coeur de l'après-midi, une journée plus tard que la Belle province. Il faisait soleil, près de 30 degrés Celcius, et pourtant, j'ai frissonné.

Pas chez nous, non. Impossible.

Et pourtant.

Déjà que je ne faisais que lire des histoires d'immigrants et détenteurs de carte verte aux États-Unis refoulés dans les aéroports, cette tragédie venait s'ajouter à la longue liste des absurdités de l'espèce humaine.

J'ai bien eu envie de m'enfuir le plus loin possible, mais l'Australie est déjà la destination la plus éloignée, à part peut-être la lune (on me souffle à l'oreille que les hôtels n'y sont pas terribles. Un seul module serait disponible...).

Sauf que l'Australie n'échappe pas non plus à la folie de l'Homme. Le 20 janvier, un illuminé a foncé avec sa voiture sur des piétons, faisant cinq morts, dont un bébé de trois mois, et des dizaines de blessés. C'est arrivé dans un endroit ultra populaire situé... à deux blocs de l'endroit où je logeais. J'avais quitté la ville quelques heures plus tôt en direction du parc d'Uluru, un désert où les mouches commettent les seules agressions répertoriées!

N'empêche, ça m'a fait réfléchir. Ça reste dans la tête, comme on dit.

La semaine suivante, le 26, c'était la fête nationale de l'Australie. Pendant que tout le monde faisait aller son drapeau, dans la zone entourant le célèbre Opéra de Sydney, je ne pouvais m'empêcher de penser que ce serait l'occasion idéale pour un esprit malmené de faire un coup. On se dit « ben non, ça n'arrive qu'aux autres».

Et puis ça arrive. À Melbourne, Sydney...ou Québec.

Sauf qu'on ne peut pas s'empêcher de sortir. Il y a tant à faire et à voir! Et je me dis qu'après avoir nagé avec les poissons de la grande barrière de corail, je suis plus zen que jamais.

Heureusement aussi que les commentaires qui se sont rendus «down under», comme on surnomme l'Australie ici, étaient tous positifs. Les rassemblements presque spontanés semblaient très touchants. Belle preuve de solidarité qui me réconcilie un peu avec l'espèce humaine. Je n'aurai pas besoin d'aller vivre avec les koalas finalement. Quoiqu'ils dorment 20h par jour et mangent les quatre autres heures. Un programme fort intéressant!

Au moment où vous lirez ces lignes, je serai à quelques heures d'un retour à la maison. À moins que je ne décide de rester. Après tout, le climat n'est pas trop désagréable, et la vue l'est encore moins!

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