Faut qu'on se parle

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
«Je veux voir sur Facebook des articles sur... (123RF)

Agrandir

«Je veux voir sur Facebook des articles sur des sites crédibles, des découvertes que vous avez faites, vos photos de voyage, même vos photos d'enfants déguisés en licorne, mais pas des pensées positives sur un fond avec des fleurs», clame notre chroniqueuse.

123RF

Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Faut qu'on se parle. On a beaucoup fait état du problème de la désinformation sur les médias sociaux, notamment avec l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, et je dois dire qu'en jetant un rapide coup d'oeil à ce qui est partagé par mes ami (e) s Facebook, l'épidémie est plus étendue que l'on pourrait le croire.

Comme j'ai quelques lignes de libres devant moi, je vais régler quelques petites affaires qui m'ont agacé dernièrement.

D'abord, non, je ne mettrai pas un coeur dans mon statut pour sensibiliser de presque inconnus au cancer de ce que vous voudrez. Zéro émotion. J'ai été affectée par cette maladie autant que tout le monde, mais moi, je préfère faire un joli don à la Société canadienne du cancer chaque année. Ça l'air que ç'a plus d'impact dans la lutte à la maladie qu'un emoji sans autre explication sur un statut. Fou, non?

Non, je ne vais pas non plus voter pour votre chat dans le concours du chat le plus beau des trois systèmes solaires les plus proches. Même chose pour le chat le plus laid, en passant.

Non, ce n'est pas vrai qu'un jouet de la marque XYZ a tué 22 enfants depuis 5 ans. Si une rapide recherche dans Google ne donne rien d'autre qu'un site avec des pubs pour perdre 20 livres en un battement de cils, c'est que ce n'est pas arrivé. Ah, et les Américains ont marché sur la lune et le 11-Septembre est bel et bien arrivé avant que vous ne me parliez de vos théories du complot.

Et pendant qu'on y est, je préférerais m'arracher un bras que de cliquer sur un article «vous ne devinerez jamais ce que cette jeune fille a fait!». Je ne saurai jamais. Je vivrai toute ma vie en me demandant ce que cette jeune fille a fait, mais, non, c'est un fardeau avec lequel je suis prête à vivre.

Non, je ne serai pas outrée en voyant un tableau comparatif de la moyenne des impôts payés au Québec versus le reste des trois systèmes solaires les plus près ayant des chats laids. Ça ne me tente même pas de débattre. Je te laisse croire qu'il fait mieux vivre au Nunavut parce qu'ils paient 2000$ d'impôt de moins par an. Oh, j'inclus aussi dans cette catégorie les «j'avais un rhume, je suis allé attendre à l'urgence et devinez quoi? J'ai attendu 30 409 heures, tandis que les 12 qui ont fait des infarctus et se sont fait diagnostiquer un cancer ont passé avant moi. Je gage qu'ils n'avaient même pas mis de coeur dans leur statut en plus!»

Je ne m'indignerai pas non plus en voyant passer une image avec un enfant africain dans la misère et l'inscription «On paie des milliards pour trouver de l'eau sur Mars alors qu'ici on en cherche». Avez-vous une petite idée de tous les progrès technologiques qui ont été réalisés grâce aux investissements dans la recherche en aérospatiale? La NASA publie une liste tous les ans (www.spinoff.nasa.gouv), mais voici quelques inventions: le lait maternisé pour bébé, les membres artificiels, et, oh, surprise, des filtres à eau...

Je veux voir sur Facebook des articles sur des sites crédibles, des découvertes que vous avez faites, vos photos de voyage, même vos photos d'enfants déguisés en licorne, mais pas des pensées positives sur un fond avec des fleurs.

Bon, j'y vais peut-être un peu fort. Je pense que la semaine a été éprouvante. Promis, la semaine prochaine, je vais essayer de ramener un peu de soleil...En attendant, je suis peut-être due pour une petite sieste, je peux devenir grincheuse avec le manque de sommeil!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer