En attendant l'embarquement

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«Je dois dire que je ne déteste pas... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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«Je dois dire que je ne déteste pas ça, aller jaser avec les pêcheurs de La Baie, afin de savoir si ça mord cette année», admet notre chroniqueuse.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je suis une grande habituée de la pêche blanche. Je connais les bons spots sur les glaces de la baie des Ha! Ha!. Je sais exactement le nombre de maisonnettes des deux villages de pêche. Je suis de près l'augmentation de l'épaisseur de la glace jusqu'à ce que l'embarquement soit permis. Et je m'y rends au moins quatre fois par hiver.

Je ne suis pourtant pas une grande pêcheuse. Je n'ai même jamais réussi à remonter à la surface un seul poisson de ma vie. Je n'aime pas non plus passer des soirées entières en «soute» de Ski-Doo, assise sur un banc trop dur pour les fesses. Si je suis devenue une habituée de la pêche blanche, c'est en raison de mon travail. Je ne suis peut-être pas la chroniqueuse chasse et pêche du journal, mais, chaque année, les journalistes sont dépêchés sur les glaces pour mille et une raisons. Et le hasard veut que ce soit souvent moi.

C'est l'embarquement, on y va. Il parait qu'un pêcheur a sorti une gigantesque morue, on y va. C'est le carnaval du site de Grande-Baie, on y va. Il y a une fissure dans la glace, on y va. C'est le débarquement, on y va encore. Et, si un journaliste ne croule pas sous l'ouvrage, pourquoi ne pas aller faire une petite virée sur les glaces? La pêche blanche, ici, c'est devenu l'événement de la saison froide.

Je dois dire que je ne déteste pas ça, aller jaser avec les pêcheurs de La Baie, afin de savoir si ça mord cette année. J'aime aussi être témoin des efforts que mettent plusieurs dans la décoration de leur petite cabane. Et, mettre le pied sur la baie des Ha! Ha!, c'est un peu comme entrer dans un autre univers. Et il faut avouer que les centaines de cabanes colorées sur les glaces enneigées proposent un splendide panorama.

Cette année, je dois dire que j'ai particulièrement hâte à l'embarquement des cabanes. C'est que je vais faire découvrir les villages sur glace de La Baie à un Kamouraskois d'origine. Il était d'ailleurs bien étonné, lorsque je lui ai dit que plusieurs des pêcheurs avaient la télé dans leur cabane, ici. Qu'ils se rendaient sur les glaces en pick-up et que les sites de pêche se transformaient en véritable quartier avec ses 500 maisonnettes. Et il n'en revenait tout simplement pas lorsque je lui ai dit que la plupart des pêcheurs dormaient dans leur cabane...

Pour lui, la pêche blanche, c'est un trou dans la glace et quelques petites maisonnettes par-ci par-là. Mais ces cabanes sont faites uniquement pour pêcher et vous n'y verrez jamais de lit et encore moins de télé.

«Ce n'est pas tout. Le village sur glace de Roberval a sa propre mairie», que je lui ai appris.

«Tu es sérieuse?», m'a-t-il demandé, osant croire que je lui mentais.

«Oui.»

«Vous êtes l'enfer, au Saguenay-Lac-Saint-Jean», qu'il m'a lancé, en riant.

Je l'ai pris comme un compliment. Ici, on ne fait jamais les choses à moitié.

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