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J'imagine que je ne vous apprends rien en vous disant que la gent féminine a... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Patricia Rainville
Le Quotidien

J'imagine que je ne vous apprends rien en vous disant que la gent féminine a été bannie du cabaret JR durant deux jours, plus tôt cette semaine.

Eh oui, le proprio a annoncé que les clientes ne seraient plus admises au bar de danseuses nues de Jonquière puisqu'elles menaçaient le chiffre d'affaires du cabaret.

Il paraît que certaines clientes dénigraient le travail des danseuses, qu'elles se montraient agressives et irrespectueuses. Selon le proprio, plusieurs danseuses refusaient même de travailler s'il y avait des femmes assises dans le bar.

Les médias régionaux en ont fait tout un plat, cette semaine. Bannir les dames venait en effet à l'encontre de la Charte des droits et libertés. Pourquoi ? Parce qu'il est interdit de faire de la discrimination en fonction du sexe. Tout simplement.

Le comble de l'ironie, même les féministes endurcies ont dénoncé cette décision.

Lorsque j'ai lu la nouvelle pour la première fois, je n'ai pas vraiment été surprise. J'ignorais même qu'une gang de filles pouvait aller passer la soirée aux danseuses. Il me semblait qu'une femme devait être accompagnée d'un homme pour passer la porte de l'établissement. C'était certainement ça dans le temps, puisque j'ai moi-même vécu l'expérience jadis. D'ailleurs, après être revenu sur sa décision, le proprio a informé que les clientes devraient désormais être accompagnées d'hommes pour apprécier le spectacle. Bonne affaire. 

Honnêtement, je ne comprenais pas trop les femmes qui décidaient d'aller encourager le travail des danseuses entre elles, « juste pour le fun ». Pire encore, si c'est bel et bien vrai que certaines femmes sont allées y faire le party en insultant les danseuses au passage, elles n'avaient vraiment rien à faire de leur soirée. Mais de là à bannir la clientèle féminine ? Une décision radicale qui nous ramenait au temps des tavernes... La nouvelle a d'ailleurs eu l'effet d'une bombe sur les médias sociaux. Et même si je ne suis pas une cliente régulière des bars de danseuses nues, j'ai été choquée par plusieurs propos, dont ceux d'un animateur de radio de la région.

Voici d'ailleurs son commentaire : « Mon avis : les femmes n'ont pas d'affaire aux danseuses. Lâchez-moi les chartes. Les femmes doivent avoir des places pour être entre femmes et les hommes doivent avoir des places pour être entre hommes ».

On est en quelle année, là ? 1960 ?

Et, pour répondre à ce commentaire, elle est où, la place pour les femmes ? Chez Curves ? Aux démonstrations Tupperware organisées par notre cousine ? Et, les homosexuelles qui aimeraient bien se payer une petite soirée chez les danseuses, elles seraient allées où, en région ? Nulle part, évidemment. Nous n'avons même pas de bars gais dignes de ce nom, encore moins un bar gai érotique...

À ce chapitre, plusieurs ont affirmé que le bar de danseurs nus le 281, à Montréal, excluait la clientèle masculine. Faux. J'ai vérifié. Ils sont admis s'ils sont accompagnés de femmes. Et, pour ajouter à mon argumentaire, n'oubliez pas qu'il y a une foule de bars de danseurs érotiques dans la métropole. Des bars pour homosexuels, il y en a à la tonne. Et, en discutant d'ailleurs de la question avec un ami qui vit à Montréal, j'ai appris que les bars du Village gai réservés habituellement aux homosexuels accueillaient les femmes un soir par semaine. Et ces soirées avaient un succès fou. Mais bon, on est loin de cette réalité ici. Pour la diversité, on repassera.

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