Que le sort vous soit favorable

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CHRONIQUE / Je ne sais pas pour vous, mais il y a des endroits en ce monde que... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je ne sais pas pour vous, mais il y a des endroits en ce monde que je ne rêve pas de voir. Des lieux où on ne me verra jamais me battre pour obtenir une visite.

Donc quand j'ai lu que le propriétaire du mythique Cabaret JR voulait interdire l'accès à son établissement aux femmes - les clientes, pas les employées, évidemment... -, je vous mentirais si je vous disais que cela m'a fait quelque chose. Ç'a beau être une question de principe, une question de droits et de libertés et tout ça, ça ne me fait même pas sourciller.

Pantoute.

La mère des bars n'est pas encore morte, et quand bien même que ce serait le dernier établissement possédant de la boisson dans la ville, et bien, je ferais fermenter mes patates à la place. C'est comme ça. Je n'ai aucun intérêt à aller là, et le simple fait que certaines femmes ressentent le besoin d'aller insulter des danseuses (selon le proprio) dans leur temps libre, ça me dépasse.

Mais bon, il y a toutes sortes d'endroits où je n'ai pas envie d'aller. Des endroits terrifiants. Parmi ceux-ci, on retrouve « une maison où y'a potentiellement le virus de la gastro ». Oui, mesdames et messieurs, on est de retour à cette période infâme de l'année où chaque poignée de main et chaque fruit que l'on oublie de laver en revenant de l'épicerie deviennent un jeu de roulette russe.

C'est arrivé la semaine dernière. Je me relevais à peine de ce qu'on pourrait appeler un rhume de boxeur. Ça ne durera pas 12 rounds, mais les 2-3 jours, tu vas les sentir, crois-moi.

Tout mon être était en état d'alerte, et quelques départements avaient fermé boutique. (D'ailleurs, faudrait envoyer un mémo au département des plaintes de l'Humanité. Le système immunitaire aurait besoin d'une mise à jour ou deux. Je gage qu'il roule encore sous Windows XP.)

Bref, j'ai reçu un appel : « Peux-tu venir garder ma fille demain ? C'est que sa gardienne a la gastro ».

Charmant, n'est-ce pas ? Pas tout à fait une invitation à Disneyland ! J'aimerais encore mieux peinturer un plafond cathédrale sans lumière une journée nuageuse. Ou jouer dans mes plates-bandes pas de gants lorsque le nombre de perce-oreilles atteint son apogée. C'est dire.

C'est comme une invitation à participer aux Hunger Games. « Que le sort vous soit favorable. » On a beau se laver les mains chaque 30 secondes, elles ne sont jamais assez propres.

Et on passe les 72 prochaines heures à prévenir tous ceux que l'on croise que, ouais, peut-être que. On limite tout contact humain, en se sentant coupable de voir la caissière de l'épicerie toucher les articles que l'on avait en mains cinq minutes plus tôt. Les collègues de travail regardent alors « le possible infecté » avec un oeil mauvais, prêt à le jeter par-dessus bord au moindre signe de faiblesse. On analyse chaque soubresaut de son estomac et on s'imagine le pire. Et puis... rien.

Et là, c'est la fête. Je dis qu'on devait pouvoir imprimer des t-shirts pour l'occasion, du genre « J'ai remporté les Hunger Games 2016 ». J'attends d'ailleurs encore mon chandail « J'ai survécu au pont Dubuc en feu 2013 », mais ça, c'est une autre histoire...

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