Assaisonnez au goût

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Un des avantages des desserts, c'est que ça... (123RF)

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Un des avantages des desserts, c'est que ça sent le bonheur dans la maison.

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Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand je fais une recette, j'aime que tout soit indiqué à la lettre. J'aime qu'on me dise ce qui peut mal tourner et comment faire pour y remédier, le cas échéant. Ta sauce est trop claire? Ajoute un peu de farine et brasse pendant deux minutes additionnelles.

Sauf que trop souvent, les recettes incluent la même directive à la fin: assaisonnez au goût. Au goût de quoi? Je n'ai jamais fait ta recette, comment savoir si elle sera meilleure avec trois tours de moulins de poivre ou quatre? C'est quoi mon goût? Vous aurez deviné que je ne fais pas partie de cette clique qui fait aller sa salière par-dessus son assiette comme si celle-ci était recouverte d'une plaque de glace à faire fondre. Jamais. En fait, à moins que vous ne me tendiez un épi de maïs, considérez que votre plat est médiocre si vous me voyez avec une salière à la main.

C'est donc en raison de l'infâme «assaisonnez au goût» ou de son petit cousin, l'ingrédient «facultatif» de la liste, que je préfère nettement cuisiner des desserts que des plats principaux ou des entrées. Un dessert est une science exacte. S'agit d'avoir fait une fois des macarons pour comprendre. Si c'est écrit 28g de blanc d'oeuf, n'allez pas mettre 27 ou 29g. C'est écrit 28g. C'est tout. Même chose pour le four. On dit 291 degrés Fahrenheit, pas 295 ni 290.

L'autre avantage des desserts, c'est que ça sent le bonheur dans la maison. Un repas cuit à la mijoteuse est un peu moins intéressant quand tu dois endurer des vêtements qui sentent les épices pendant deux jours.

Les desserts sont aussi un merveilleux cadeau à offrir à Noël. Chaque année, c'est devenu un rituel avec mes amies: on fabrique des chocolats à la main, des macarons ou n'importe quel truc qui entre dans une jolie petite boîte. N'importe quoi qui contient au minimum du sucre, du beurre, du cacao...Bref, tout ce qui est interdit. Il y a toujours cette fois où, en décembre, je vais faire mes provisions à l'épicerie - le vrai chocolat, ça s'achète en chocolaterie, tenez-vous le pour dit! - et où mon panier semble destiné à façonner les diabètes de demain.

Les heureux élus sont toujours les mêmes: mes proches, mes voisins et quelques collègues de travail. Le tout ne doit pas être trop désagréable, car aucun de mes voisins n'a déménagé ces cinq dernières années. Coïncidence? Je ne crois pas!

Car soyons honnêtes, quand le corps humain a été façonné, deux ou trois trucs ont mal été ajustés: notre corps fonctionne beaucoup mieux sur le brocoli et les légumineuses, mais Dieu que c'est plate pour les papilles à comparer avec un gâteau au fromage. Le truc, c'est de trouver des recettes qui ne viennent pas avec l'information nutritionnelle, ça gâche moins le plaisir. (Ce truc est à utiliser avec modération. Ce n'est pas comme le truc de l'ours: même si vous ne les voyez pas, les calories sont là quand même!)

On pourra dire ce qu'on voudra, peu de choses battent un brownie chaud sorti du four. Ou une mousse aux trois chocolats. Ou une croustade aux pommes fraîchement cueillies. Ou une tarte aux bleuets fumante. Ou un fondant au chocolat...avec le coeur au caramel fleur de sel.

Seigneur! Qu'est-ce que je fais encore derrière mon clavier? Vous m'excuserez, mais vous devrez finir vous-même cette chronique. C'est que j'ai soudainement une urgente envie d'aller à l'épicerie pour...euh, m'acheter du brocoli, il va de soi!

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