Tout le monde juge tout le monde

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CHRONIQUE / Parfois, j'aime penser que nous sommes tous différents. Je me dis,... (Photo 123RF)

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Catherine Doré
Le Quotidien

CHRONIQUE / Parfois, j'aime penser que nous sommes tous différents. Je me dis, il y a tellement de gens sur cette planète, sûrement qu'il y a des milliers d'opinions différentes. Et puis arrive une histoire de vêtements et de tapis rouge, et on se rend compte qu'au fond, il n'y a que deux grands camps. Ceux qui respectent les conventions jugent ceux qui s'habillent de façon marginale. Mais ça tombe bien, parce que ceux qui s'habillent de façon marginale jugent aussi ceux qui suivent les conventions.

Tout le monde juge tout le monde. C'est aussi simple que ça.

On juge les animateurs pour la couleur de leur cravate et les animatrices pour la couleur de leur chandail. C'est idiot, mais on le fait quand même. Tant que ça reste dans notre salon et que ça reste une critique sur les guenilles, c'est une chose. Mais les insultes personnelles? Aller sur Internet pour traiter la personne de tous les noms? La traiter de honte nationale? Sérieusement? Ces gens ne peuvent trouver chose plus honteuse, vite comme ça, que de faire un choix vestimentaire qui ne rejoint pas ses goûts à un gala?

Il y en a qui ont trop de temps libre. J'ai tenu un blogue sur le site du Quotidien pendant des années. Je ne compte plus le nombre de fois où je me faisais traiter d'insignifiante. Toujours les deux ou trois mêmes spécimens. Chaque fois, je me demandais pourquoi ces individus «s'infligeaient une telle torture» en me lisant chaque semaine. Ils revenaient au galop à chaque nouveau billet, plus fiables qu'une horloge suisse.

On peut juger tant qu'on veut, mais on n'est souvent pas tellement mieux dans nos comportements.

On juge les magasins qui sortent leur marchandise d'hiver trop tôt. On se dit que ça n'a pas de bon sens. Puis, quand arrive le temps d'acheter des bottes d'hiver en novembre, on se fait dire qu'il n'en reste plus de notre grandeur et qu'on ne peut en commander, parce que, t'sé, «Madame, les compagnies nous envoient des sandales à ce temps-ci de l'année». Qu'est-ce qu'on fait l'année suivante? On achète ses bottes d'hiver pendant les vacances de la construction et on se donne une tape dans le dos en se félicitant d'avoir déjoué le système.

On fait tous pareil. Et après on se demande pourquoi la marchandise d'hiver débarque si tôt en magasin...

On chiale contre les publicités de Noël qui apparaissent le 1er novembre, les chansons, les sapins et tout le tralala qui envahissent notre champ visuel, mais quand arrive la mi-novembre et que Dame nature a le malheur de faire un petit redoux côté mercure, on se dit que, hé, ça serait peut-être une bonne occasion d'installer ses lumières de Noël, non? C'est «presque» décembre, après tout. Et si on ne les branche pas avant décembre, qui le saura?

Et tant qu'à être dans l'esprit des Fêtes, on peut peut-être réécouter L'Étrange Noël de Monsieur Jack, qui est un film mi-Halloween, mi-Noël, dans une doudou, et gâcher la productivité de son dimanche après-midi. C'est de saison, non?

Ok, bon, peut-être que ce n'est pas tout le monde qui fait ça, finalement...Mais peut-être que je vous juge de ne pas le faire!

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