Dérapage vestimentaire

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Safia Nolin dit avoir connu le « plus beau moment... (Archives La Presse)

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Safia Nolin dit avoir connu le « plus beau moment de [sa] vie » au Gala de l'ADISQ, dimanche, au cours duquel elle a été sacrée révélation de l'année. L'auteure-compositrice-interprète ne désire pas accorder d'attention aux railleries de certains internautes, qui se sont moqués de son physique.

Archives La Presse

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Nous sommes samedi. Ça s'est passé dimanche dernier. Et on en parle encore.

Je ne voulais pas vraiment en parler. Je croyais que le sujet allait être «périmé», qu'on aurait dit tout ce qu'on pouvait dire sur le sujet. À vrai dire, le sujet est bel et bien périmé. Il l'était dès lundi soir.

Je parle bien sûr du gala de l'ADISQ et de Safia Nolin. Cette révélation de l'année qui aura fait parler d'elle toute la semaine, non pas pour ses chansons, mais pour son accoutrement et son langage plutôt vulgaire.

J'ai écouté le gala de l'ADISQ. Évidemment, lorsque je l'ai vue monter sur scène, je me suis dit qu'elle aurait pu se forcer un peu. Mais, des récipiendaires habillés comme la chienne à Jacques, on en voit chaque année. Dan Bigras, Kevin Parent, Jean Leloup, pour ne nommer que ceux-là, sont arrivés au gala en chemise carreautée, en camisole ou coiffé d'une casquette. Bien entendu, on en a parlé le lendemain. On s'est dit qu'un gala n'était peut-être la place pour pavaner sa nouvelle chemise de bucheron. Ni pour sacrer. Mais le surlendemain, on passait déjà à un autre appel. La différence, avec Safia Nolin, c'est qu'on en a parlé lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi. Et j'en parle encore aujourd'hui, sans avoir l'impression que le sujet soit périmé. Incroyable, tout de même, de faire tout un plat pour une tenue de gala qui n'en était pas une...

C'est d'ailleurs ça qui me frappe, dans toute cette histoire. Lorsque j'ai vu la musicienne grimper les marches pour aller chercher son prix, je l'ai un peu jugée. Comme tout le monde qui était bien assis, comme moi, dans son divan. Je l'ai jugée, je l'admets. Mais, lorsque le gala s'est terminé, je me suis couchée sans penser à Safia Nolin. C'est en surfant sur le Web le lendemain que j'ai constaté l'ampleur du désastre. On la traitait de pas de classe. De grosse vulgaire. Les chroniqueurs en ont parlé toute la semaine. Certains se portant à sa défense, d'autres lui donnant une petite leçon de bienséance.

Et je ne parle même pas des internautes qui, eux, n'y sont pas allés de main morte. Un moment donné, il faut en revenir. Elle a porté une paire de jeans, soit. Elle a dit fuck, OK. On n'a pourtant pas parlé une seule seconde du discours décousu et des cheveux gras de Jean Leloup.

Serait-ce parce que Safia est une femme? Évidemment que oui. Et ça n'a rien à voir avec le féminisme. Qu'on le veuille ou non, on juge plus sévèrement mesdames que messieurs lorsqu'on parle d'image. On accorde plus d'importance aux robes qu'aux vestons, on remarque davantage les tenues des dames que des hommes sur les tapis rouges.

Pourtant, j'aurais bien aimé que le chandail de laine de Safia devienne sa marque de commerce comme la camisole fut celle de Dan Bigras. Mais bon, ça ne semble pas près d'arriver. Un jour, peut-être...

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