Une boîte aux trésors

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CHRONIQUE / Ma soeur a fait une bien belle découverte, plus tôt cette semaine,... (123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ma soeur a fait une bien belle découverte, plus tôt cette semaine, en fouillant dans sa garde-robe. Une boîte aux trésors, remplie de lettres, de cartes de souhaits et de poèmes d'amour. Plusieurs de ces lettres étaient signées par sa petite soeur de 12 ans sa cadette. La petite soeur en question, c'était moi qui, du haut de mes 7, 8 ou 9 ans, écrivais mes états d'âme.

«Allo Nadia. Comment ça va? Moi bof. J'ai commencé l'école. J'ai hâte à l'Halloween. Comment va Oréo? Je m'ennuie.» C'est ce genre de petit mot que je postais lorsque ma grande soeur, qui demeurait à Québec, me manquait trop. En passant, pour ceux et celles qui se posent la question, Oréo, c'était son chat. Fin de la parenthèse.

Des lettres, je lui en ai écrit à la tonne. À mon frère aussi. Et, chaque fois, ils me répondaient. C'était toujours un vrai petit bonheur lorsque ma mère revenait de la boite aux lettres avec une enveloppe pour moi.

Cette semaine, ma soeur et moi avons donc relu ces phrases d'enfant, écrites sur du papier à lettres que je choisissais soigneusement. J'y collais des gommettes, y dessinais des petits bonshommes.

On a ri, surtout en lisant les lettres dans lesquelles je lui confiais mes amours de préadolescentes. Nos éclats de rire ont d'ailleurs attiré l'attention de ses enfants. Curieux, ils se demandaient bien ce qui pouvait faire rire leur mère et leur tante au point de les déconcentrer de leurs jeux vidéos.

Lorsque son aîné, Guillaume, a vu qu'on lisait des vrais mots écrits sur des vraies feuilles de papier, il s'est montré encore plus curieux. À 11 ans, les lettres et les poèmes d'amour ne sont pas monnaie courante pour lui.

«C'est juste des lettres? Tu en as donc bien!», a lancé mon filleul en voyant la boîte pleine à craquer. Il nous a regardées sans comprendre. J'ai même pu lire le découragement dans ses yeux.

C'est en le voyant nous dévisager que j'ai compris que mon cher filleul, qui n'a pourtant que 17 ans de moins que moi, n'aura sans doute jamais de boîte remplie de trésors, cachée dans le fond de sa garde-robe. Des textos, il va sans doute en échanger des milliers. Il va probablement recevoir des centaines de demandes d'amitié Facebook aussi. Mais il ne recevra peut-être jamais de lettre d'une admiratrice secrète ou de son meilleur ami, qui lui racontera en détail son voyage en Europe.

C'est ça qui est un peu triste avec la technologie. Dans 20 ans, les petits messages qu'on échange par textos avec notre amoureux auront disparu, puisqu'on ne prend plus le temps de choisir un papier à lettres pour écrire nos mots d'amour ni de coller un timbre sur une enveloppe.

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