La «germaine» du bac bleu

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Une police du recyclage. L'idée a été lancée par plusieurs au cours des dernières années. Des inspecteurs seraient mandatés pour vérifier les bacs bleus. Et si un sac de plastique ou des papiers mouchoirs trônent dans le contenant, le propriétaire hérite d'une amende salée.

Gatineau a emboîté le pas il y a déjà quelques années, mais en insistant plutôt sur le bac noir. Les élus ont adopté un règlement municipal interdisant aux gens de jeter dans les ordures des matières recyclables, des résidus verts, des encombrants métalliques et du matériel informatique ou électronique. Les fautifs s'exposent à une amende de 200$.

L'idée m'a toujours séduite, du moins, jusqu'à lundi.

À la veille de la collecte des matières recyclables, j'aperçois une femme jeter des choses dans mes bacs bleus. Des bacs que je partage avec des gens du même immeuble que moi.

Mais cette personne ne m'était pas familière. Je me suis dirigée vers elle. «Je reste dans un autre immeuble, mais mes bacs sont pleins», me dit-elle sans gêne, avant même que je pose une question.

Ça me fait plaisir qu'elle mette ses papiers, ses cartons, ses cannes de conserve et ses contenants de verre dans mon bac. Mais une boîte de pizza souillée par la graisse et la sauce tomate se trouvait dans le lot. «Savez-vous madame que ça ne va pas dans le bac?» Elle répond oui et que c'est une erreur de sa part.

Mais elle tente ensuite de déposer des vidanges, de vraies ordures. «Ah, des gens ont jeté ça dans mon petit bac», répond-elle, comme si elle était surprise de voir ces déchets dans son mini bac bleu qu'elle laisse sur son balcon.

J'étais en furie. Tous mes efforts pour recycler auraient été vains si je n'avais pas été là à temps. Elle allait contaminer mes matières recyclables.

Elle ose ensuite me dire qu'elle vient souvent chez moi déposer ses vidanges. J'ai dû lui faire la morale et monter le ton. Moi qui déteste agir comme une maîtresse d'école fâchée. J'ai malheureusement l'impression que ça va se reproduire.

C'était la deuxième fois que je jouais à la «germaine» du bac cet été. Plus tôt en août, une dame de mon immeuble avait acheté plusieurs nouveaux meubles à monter elle même. Elle avait mis ses cartons au chemin. Nouvelle arrivante, elle avait même appelé la ville pour savoir comment disposer de cette matière. Bravo pour cette initiative. Mais la dame avait oublié une chose: enlever la styromousse de ses boîtes de carton. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui donner un petit cours de base.

Imaginez si la police du recyclage existait. Mon porte-feuille y aurait goûté cette année.

Et si Saguenay compte un jour imiter Gatineau, j'achète un bac avec cadenas. Quelqu'un a déjà inventé ces contenants.

Il faut croire que le manque de civisme inspire.

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