Pour un été plus long

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CHRONIQUE / Plusieurs plages de la région affichent «baignade sans... (123rf)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Plusieurs plages de la région affichent «baignade sans surveillance» depuis quelques semaines. Les piscines publiques ont fermé leurs portes alors que le soleil et la chaleur n'ont pas encore dit leur dernier mot.

Des sites touristiques ont perdu leurs employés au moment où les visiteurs européens débarquent dans la région. L'inévitable rentrée scolaire cause chaque année des maux de tête au secteur saisonnier. Bon nombre de cégépiens et d'universitaires ont déserté leur travail estival pour le début des classes. L'éducation, c'est leur priorité et il faut l'encourager.

Mais si le cégep pouvait commencer un peu plus tard?

La rentrée collégiale se déroule dans la troisième semaine d'août. Plusieurs prennent en plus une semaine de congé avant le début des classes, histoire de profiter de l'été. Pas étonnant que les gens d'affaires, l'industrie touristique et le milieu agricole aient déjà réclamé la modification du calendrier scolaire. Enfant, je me souviens que mon père, maraîcher, s'indignait de ce décalage évident. Un décalage qui peut avoir des conséquences sur l'économie d'un milieu, mais aussi sur la sécurité des gens.

«On perd nos sauveteurs trop tôt. On met une pancarte ''baignade sans surveillance''. Mais les gens se baignent quand même, car il fait encore très beau», m'a récemment raconté le maire de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, Lawrence Potvin, en parlant de sa populaire plage qui est sans surveillance depuis quelques semaines.

Malgré les multiples demandes, le gouvernement n'a jamais changé les choses. Pourquoi? Plusieurs ont mis la faute sur les syndicats. Mais je doute que les enseignants s'opposent à ce point à un changement de calendrier. On ne coupe tout de même pas dans les vacances.

La loi oblige les collèges à offrir 82 jours de classe pour une session. C'est pour cette raison que les cours débutent en août. Tout le monde veut fermer les livres avant Noël.

Le modèle qu'on retrouve dans quelques pays européens serait cependant facile à copier. Les étudiants commencent en septembre et font leur examen au retour de la période des Fêtes. L'autre session reprend en février pour se terminer en juin, plutôt qu'en mai.

J'ai écrit cette idée il y a quelques années dans ces pages. Mais force est de constater qu'elle n'était pas assez bonne pour être reprise.

Pour savoir si j'étais dans le champ, j'ai décidé d'appeler le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay. Ce dernier a d'emblée admis que les impacts de ce calendrier étaient bien réels.

«Ce n'est pas par caprice ou manque de considérations envers ces enjeux qu'on ne change pas les choses. Les enjeux sur le plan économique, ils sont clairs, ils sont là. On le comprend d'ailleurs», a exprimé M. Tremblay, qui a bien voulu discuter du sujet avec l'auteure de ces lignes. Mais à son avis, personne n'a encore trouvé la solution miracle pour faire plaisir à tous.

M. Tremblay s'est cependant montré très ouvert à ma suggestion. Notre discussion a même permis de convenir qu'un projet pilote en ce sens permettrait de mesurer la faisabilité d'un tel changement. «Je ne suis pas un spécialiste de l'organisation scolaire. Mais un projet pilote dans un programme en particulier serait une idée à ne pas négliger», a-t-il laissé tomber. Wow! C'est la première fois que j'entendais un intervenant du milieu scolaire aller aussi loin dans cette idée.

Parce qu'il ne faut pas oublier qu'un cégep, c'est bien plus qu'une école traditionnelle. C'est avant tout «la chose de son milieu», a rappelé M. Tremblay, citant le rapport Parent. Une chose du milieu qui doit refléter les besoins de son milieu.

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