Femmes imposées?

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le président de la commission jeunesse du PLQ,... (PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, LE SOLEIL)

Agrandir

Le président de la commission jeunesse du PLQ, Jonathan Marleau.

PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, LE SOLEIL

Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les quotas laitiers ont régularisé la production canadienne dans les années 70. Est-ce que les quotas de femmes permettront d'équilibrer le système politique?

Certains voient cette mesure comme étant la clé pour attirer la gent féminine en politique. Parce que même si on est en 2016, les femmes demeurent minoritaires dans tous les paliers de gouvernement, de la mairie à la Chambre des communes.

D'autres, comme les jeunes libéraux, rejettent du revers de la main une telle proposition.

Qui a raison?

Réfléchissons ensemble. Parce que le débat est important. On ne peut pas se contenter de dire que ce n'est pas grave et que comme dans d'autres domaines, par exemple en mécanique, il y a juste moins de femmes. On parle quand même d'un gouvernement.

Alors pourquoi les femmes se lancent-elles moins en politique? Des études psychologiques ont déjà prouvé que la gent féminine prenait moins de risques. Les femmes ont aussi moins confiance en elles. Avant de postuler pour un emploi, par exemple, plusieurs s'assurent de répondre à tous les critères. Les hommes ont cette qualité de foncer même s'ils n'ont pas toutes les compétences énoncées dans le descriptif du poste. Un peu comme en amour, les femmes attendent parfois d'être courtisées pour un poste ou une candidature politique. Elles sont surprises de se faire offrir une telle position. Les femmes ne sont pas moins compétentes, elles sont, disons, plus humbles.

Il y a aussi la famille. «Un homme, ça ne lui dérange pas d'arriver plus tard à la maison. Il ne se sent pas coupable. Il sait que sa conjointe va tenir le fort.» C'est mon collègue qui a avoué tout haut ce que plusieurs hommes de son âge pensent. Les femmes, même si elles sont plus épanouies que jamais, demeurent le pilier de la famille. Elles en font toujours un peu plus que l'homme. «Elle sait que le bonheur est à la maison. Pas en faisant le clown à l'Assemblée nationale. La politique, c'est un mange-monde», a-t-il ajouté. Bon, c'est un peu boiteux comme argument. Mais il y a sans doute un peu de vrai. La culpabilité est une caractéristique très féminine.

Les moeurs politiques dégoûtent peut-être aussi les femmes. Qui a envie de débattre avec Gaétan Barrette et de recevoir des insultes en pleine face? «La virulence, c'est la marque de commerce de la vie parlementaire», avait dit le ministre pour justifier ses propos acerbes envers ses collègues de l'Assemblée nationale.

Moi aussi j'adore m'obstiner, surtout avec des hommes, justement parce que c'est plus intense, corsé. Mais parfois, ça ne mène nulle part. Quand je discute avec des femmes, c'est toujours plus respectueux. Et presque chaque fois, ça se termine avec un consensus. C'est juste un peu moins divertissant...

Pour attirer plus de femmes en politique, peut-être faudrait-il commencer par changer ces façons de débattre. Ces moeurs vont progressivement changer avec la présence de femmes élues. Elles pourront à ce moment mettre leur couleur dans la sphère politique. Mais en attendant, on fait quoi? Si quelqu'un a une meilleure idée que les quotas, écrivez-moi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer