La misère des riches

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CHRONIQUE / La richesse ne m'a jamais vraiment intimidée. On n'a encore jamais... (Photo 123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / La richesse ne m'a jamais vraiment intimidée. On n'a encore jamais été capable de m'impressionner par un gros char et un gros compte en banque. La richesse ne m'impressionne pas positivement, mais elle ne m'impressionne pas négativement non plus. À vrai dire, elle me laisse plutôt indifférente.

C'est connu, on dit que les Québécois ont une drôle de relation avec l'argent. Il parait qu'on n'apprécie pas trop les hommes et femmes d'affaires qui réussissent trop bien financièrement. On qualifie rapidement de millionnaire chaque personne qui détient une entreprise florissante. On crie au scandale lorsque le montant du bonus d'un haut dirigeant de compagnie est rendu public. Le salaire des joueurs de hockey continue de choquer plusieurs d'entre nous. On tente de trouver la faille lorsqu'on apprend que le fondateur d'un organisme sans but lucratif est propriétaire d'une grosse cabane.

Personnellement, je ne me reconnais pas dans cette manie de croire que chaque personne fortunée a dû profiter du système. Et, surtout, je n'envie pas ceux et celles qui font des millions. Tant mieux pour eux, que je me dis.

Certains «riches» avec qui j'ai discuté dernièrement m'ont avoué avoir longtemps eu honte de circuler au volant d'une voiture de luxe. Ils étaient gênés par le regard des autres, puisque plusieurs évaluent le compte en banque des autres par la marque de leur voiture. Un peu ridicule, puisqu'on peut maintenant louer des voitures de luxe pour le prix d'achat d'une voiture moins dispendieuse. C'est presque devenu facile d'épater la galerie.

Si je me réjouis pour les gens qui font de l'argent, je préfère tout de même ceux qui se gardent une petite gêne. Tant mieux pour ceux et celles qui font des petites fortunes, mais ne jugez pas les gens comme moi qui ont de la misère à payer le solde de leur carte de crédit et qui dépensent nettement plus qu'ils ne gagnent!

Si je connais des «riches» adorables, j'en connais aussi, des «riches» qui s'amusent à dire qu'ils ont de la difficulté à boucler leur fin du mois et qui n'ont aucune gêne à divulguer le montant qu'ils ont déboursé pour leurs nouveaux jouets motorisés. Nettement agaçant lorsqu'on connait aussi des gens qui se mettent à transpirer lorsque leur téléphone affiche le numéro de leur institution bancaire.

À bien y penser, je suis peut-être comme bien des Québécois. Je ne jalouse pas les gens riches, mais ils n'ont pas besoin de me brandir leur relevé de compte au visage.

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