Coupe de cheveux et larges épaules

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CHRONIQUE / Un collègue est arrivé au bureau avec une nouvelle coupe de... (123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Un collègue est arrivé au bureau avec une nouvelle coupe de cheveux, plus tôt cette semaine. Une coupe de cheveux style militaire, qu'il arborait fièrement. Ladite coupe a été le sujet de conversation tout au long de la journée et ce cher collègue a dû subir les taquineries de plusieurs d'entre nous.

Lorsque je dis «nous», je m'exclus, puisque je n'ai pas fait de commentaire sur le changement de chevelure de mon confrère. Je n'aurais pas osé. Bien que je prenne souvent un malin plaisir à taquiner ceux que j'aime, il est bien rare que le physique soit ma cible.

Mon collègue, bon joueur, n'a pas semblé offusqué une seule seconde par les moqueries. Il a même publié une photo de sa nouvelle tête sur les médias sociaux, où les plaisanteries ont continué. Si on avait ri de ma nouvelle coupe de cheveux comme on a ri de la sienne, j'aurais sans doute passé la soirée à pleurer dans mon lit. J'aurais prié jour et nuit pour que mes cheveux repoussent au plus vite. J'aurais maudit celui ou celle qui m'aurait passé les ciseaux dans la tignasse.

Ce n'est pas la première fois que ce cher collègue est victime de moqueries concernant ses cheveux. En effet, il a connu quelques déboires, il y a de ça plusieurs années, après l'utilisation d'un atténuateur de gris. Il avait été le sujet de conversation jusqu'au party de Noël du bureau. Visiblement, les insultes lui glissaient dessus comme l'eau sur le dos d'un canard. Et si vous vous demandez comment il réagira en lisant ces lignes, sachez que je lui ai demandé la permission. Donc oui, sa coupe de cheveux, il l'assume pleinement.

J'envie d'ailleurs cette faculté à ne pas porter attention au jugement des autres. Je suis sans doute trop soupe au lait, mais j'ai bien de la difficulté à accepter en riant les commentaires faits sur mon physique, mon habillement ou mon allure en général.

Cette semaine, par exemple, un charmant jeune homme m'aidait à magasiner un vélo de route. Lui demandant la différence entre un vélo pour femme et un vélo pour homme, il m'explique que c'est surtout une question de grandeur du cadre, du guidon, etc.

«Mais toi, tu n'aurais pas de misère avec un vélo pour homme», qu'il me répond.

«Ah oui, et pourquoi?», que je lui demande, curieuse.

«Ben, tu as des épaules larges. Tu n'es pas faite comme une échalote», qu'il me lance.

Je lui ai demandé s'il trouvait que j'avais la carrure d'un joueur de football un coup parti.

Il a rigolé, croyant que je le taquinais. Et, évidemment, ce charmant jeune homme a voulu rattraper le tir en me faisant deux ou trois compliments au passage.

C'est à ce moment que j'ai pensé à mon collègue. Je me suis dit que je devrais l'imiter et prendre ce genre de remarques en riant. Parce qu'il n'y a rien de mal à ne pas être «faite comme une échalote» et il n'y a rien de mal à se trouver beau avec sa nouvelle coupe de cheveux même si tout le monde dit le contraire.

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