Une fête qui n'est plus si festive

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Près de 10 000 personnes se sont rassemblées... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Près de 10 000 personnes se sont rassemblées sur la Zone portuaire de Chicoutimi jeudi soir pour festoyer avec l'humoriste Jean-Marc Parent

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Épicerie, cuisine, ménage, lavage, jogging. Voilà les activités qui ont occupé ma soirée du 23 juin cette année. Le 24 en soirée, c'était le retour au boulot. Donc non, je n'ai pas vraiment célébré notre fête nationale. Et vous savez quoi, ça m'est égal.

À mes yeux, la Saint-Jean-Baptiste a toujours été un prétexte pour partir sur la brosse. J'en ai passé, des nuits du 23 juin sur les Plaines d'Abraham de Québec, sur une plage de Saint-Gédéon ou au Vieux-Port de Chicoutimi, à fêter le Québec sans même savoir qui pouvait bien être ce Jean Baptiste. Adolescente, je ne pouvais même pas expliquer les grands principes de la souveraineté, mais je me faisais un devoir de la célébrer comme il se devait, une petite fleur de lys peinte sur la joue. Il faut que jeunesse se vive, comme on dit. Et, «dans mon temps», on la vivait à fond le soir de la Saint-Jean.

Aujourd'hui, je peux dire que mes fêtes nationales sont à des kilomètres de ce qu'elles ont déjà été. Et je ne semble pas être la seule dans mon cas.

En discutant avec mes collègues jeudi, je me suis vite rendu compte que la Saint-Jean-Baptiste n'est peut-être pas aussi soulignée qu'il y a une dizaine ou une vingtaine d'années. Les drapeaux du Québec se font rares sur les balcons, les grands feux de joie presque inexistants et la programmation des spectacles n'est pas plus relevée qu'il ne le faut.

«J'ai tellement brossé à la Saint-Jean quand j'étais jeune que maintenant, je passe une soirée relaxe», m'a dit un collègue, lorsque je lui ai demandé ce qu'il comptait faire jeudi soir. Même son de cloche chez mes autres confrères, qui profitaient de ce congé pour passer du temps en famille plutôt que pour avaler une caisse de 12.

Les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste seraient-elles une question d'âge? C'est ce que je croyais, jusqu'à ce que je discute avec des jeunes d'une vingtaine d'années pour qui la Saint-Jean était une soirée comme les autres.

Serait-ce parce que le mouvement souverainiste s'est essoufflé au cours des dernières années? Serions-nous devenus des Québécois plates? Je ne sais pas pour les autres, mais à regarder les activités qui ont occupé ma soirée de la Saint-Jean, on peut dire que je ne gagnerai pas le prix de la plus festive cette année. Patricia Rainville

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