Nom d'un chien!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Régis Labeaume... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Régis Labeaume

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Gros plein de marde.» «Chien sale.» «Sans coeur, tu ne mérites pas de vivre!» «C'est vous qu'on devrait euthanasier, gros sale.»

C'est en ces termes que des citoyens de Québec ont qualifié leur maire, Régis Labeaume, cette semaine. En l'espace de quelques secondes, je me suis bien demandé ce que M. Labeaume avait pu faire pour recevoir une telle pluie d'insultes.

Fraude? Agression? Pire encore, meurtre?

Eh bien non. Le maire de Québec a annoncé que les pitbulls seraient interdits sur le territoire à compter de 2017. Il a simplement banni une race de chien, qui a fait la manchette plus d'une fois au cours des derniers jours.

L'être humain et ses réactions m'étonneront toujours.

Régis Labeaume aurait été pris la main dans le sac de l'argent des contribuables et il n'y aurait pas eu autant de réactions. J'ai bien peur qu'on ne l'aurait pas insulté de la sorte si on l'avait surpris à fumer du crack ou à frapper une danseuse nue... Régis Labeaume l'a dit lui même: jamais il n'a reçu des commentaires aussi virulents et violents depuis qu'il est élu. Plusieurs internautes n'y sont pas allés de main morte, le menaçant de mort. Rien de moins.

Vraiment, je crois sans trop me tromper que les pitbulls ont attiré davantage l'attention que la tuerie à Orlando au cours de la dernière semaine au Québec. Le gouvernement aurait annoncé qu'il haussait les impôts de 50% et la nouvelle aurait presque passé sous le radar. Incroyable.

Pour être honnête, ça ne me tentait pas trop de parler encore de ce sujet, maintes fois repris par de nombreux chroniqueurs. Il me semble qu'on avait fait le tour. Il me semble qu'il y a tellement de sujets plus importants qui mériteraient qu'on s'y attarde. Il me semble que ce sont «juste» des chiens.

Je sais que cette dernière phrase fera rager les amoureux des animaux. Je sais que, pour plusieurs, leurs toutous ne sont pas «juste» des chiens. Et je les comprends. Mais, c'est pourtant le cas.

Ceux qui ont l'habitude de me lire et ceux qui me connaissent bien savent pourtant que je monterais aux barricades pour défendre les animaux. Je jouerais la Femen pour dénoncer les braconniers. Mais, malgré l'amour inconditionnel que j'éprouve pour les animaux, jamais je ne défendrai l'indéfendable. Des chiens qui tuent, vous m'excuserez, mais je ne vois pas comment on peut les défendre avec autant d'ardeur. Et on ne parle pas d'un acte isolé. On parle d'une race prédisposée à attaquer. Et leur attaque ne pardonne généralement pas. Voilà tout.

Plusieurs ont dénoncé la décision du maire de Québec, estimant qu'il s'agissait là d'une réaction drastique et insensée. Qu'il ne faut pas mettre tous les pitbulls dans le même panier.

Oui, c'est évident qu'il existe des pitbulls doux comme des agneaux. C'est bien vrai que certains pitbulls ne feront jamais de mal à une mouche. Mais certains croient qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Et je ne suis pas tout à fait contre ça.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer