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Les internautes francophones utilisent de plus en plus l'anglais sur les réseaux sociaux.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les internautes francophones utilisent de plus en plus l'anglais sur les réseaux sociaux. Je ne vous apprends rien. Vous avez des yeux. Mais c'était surtout mes amis de Montréal, où les deux langues se côtoient déjà au quotidien, qui étaient les plus friands de la langue de Shakespeare. Maintenant, les régionaux utilisent aussi les termes anglais pour suivre le hashtag.

Pour les néophytes, le hashtag ou le signe # est suivi de mots-clés que les internautes insèrent dans leurs publications sur les réseaux sociaux. Par exemple, publier une photo de votre famille en écrivant #ilovemyfamily. Cette phrase accompagnée du # ouvre la porte de votre contenu aux autres internautes qui ne sont pas vos amis.

Les gens utilisent donc l'anglais pour que leur publication soit vue et comprise par le plus grand nombre de gens possible. C'est logique. Une de mes bonnes amies, spécialiste des réseaux sociaux, confirme ma pensée. «Étant donné que l'anglais est la langue universelle, les # anglophones sont beaucoup plus utilisés. Et de cette façon, tu rejoins des personnes de partout et cela grossit ton nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux, dont Instagram. Donc ça signifie plus de ''j'aime'' sur les photos», me résume-t-elle.

C'est en effet pratique pour faire la promotion de produits ou d'événements ou simplement pour que nos amis internationaux comprennent la publication.

Mais l'autre jour, ça m'a frappée. Une de mes amies Facebook a publié une phrase en anglais sur son compte. Ça ressemblait à #Imlivingthelife.

Je suis habituée à voir de telles publications. Cette personne est cependant l'une des plus québécoises de souche que je connais. Elle est née dans le nord du Lac-Saint-Jean, elle est infirmière dans la région et n'a pratiquement jamais voyagé de sa vie (bon, peut-être un ou deux voyages à Cuba). Pas gênée, je lui ai posé tout bonnement la question. Pourquoi écrire en anglais? Sa réponse est simple. Elle aime s'exprimer dans cette langue, c'est tendance. «Les hashtags sonnent mieux aussi en anglais». Je suis un peu d'accord avec elle. #jevislaviedemesrêves c'est moins rythmé, non?

Elle se montre indifférente à la langue française. C'est ce qu'a d'ailleurs notamment démontré une étude menée par des professeurs de l'UQAM il y quelques années, qui se sont intéressés à la langue utilisée sur les médias sociaux par les adolescents du Québec.

«Pour développer leurs réseaux sociaux sur le web social, les jeunes sont clairement prêts à faire des concessions linguistiques», peut-on lire dans la recherche. «Il contribue à définir l'identité ''jeune et branchée'' de ses adeptes sur les médias sociaux», ont constaté les chercheuses.

Pour l'instant l'anglais reste sur les réseaux sociaux en région. Ça va prendre des décennies avant que les gens passent de l'écrit à la parole.

Et pour ceux qui s'inquiètent de la survie du français, sachez qu'elle demeure la langue étrangère la plus apprise dans le monde après l'anglais. Plus de 82 millions de personnes ont appris le français. C'est trois fois plus que de gens qui étudient le chinois, six fois plus que l'espagnol et dix fois plus que l'italien.

Et pour ceux qui en ont contre la tyrannie de l'anglais, qui possède deux milliards d'adeptes dans le monde, n'oubliez pas qu'elle permet de communiquer avec plus de gens. Ça n'a jamais été aussi facile de socialiser avec des Japonais, des Allemands ou des Brésiliens.

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