«Bonne soirer»

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L'échange par messagerie texte est devenu un art.... (Photo La Voix de l'Est)

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L'échange par messagerie texte est devenu un art.

Photo La Voix de l'Est

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / C'est ce qu'un gars m'a écrit, il y a quelques mois, alors que j'échangeais avec lui par messagerie Facebook. Ouch! J'ai failli lui demander depuis quand le mot «soirée» était devenu un verbe.

Je soire, tu soires, nous soirons...

Mais bon, je me suis retenue. Je ne le connaissais pas vraiment, alors je me suis dit qu'il était inutile de l'humilier. Encore moins de lui donner des petites leçons de français.

Le pire dans tout ça, c'est que ce même individu m'a avoué qu'il n'était pas très bon en français. Ah bon, je n'avais pas remarqué.

«Mais je me force parce que je sais que tu es journaliste», a-t-il ajouté. Ouf, une chance.

Je n'ai pas donné suite à cette conversation. Je suis peut-être trop sévère et mes critères sont sans doute trop élevés, mais, que voulez-vous, si un gars n'est pas capable d'écrire le mot «soirée» comme il faut, j'ose à peine imaginer ses accords de participes passés... Je ne vous mens pas, je devais parfois lire ses messages à voix haute pour les comprendre.

Évidemment, la maîtrise du français est assez importante pour moi. Je ne demande pas à celui ou celle avec qui je clavarde d'être un docteur en linguistique. Je fais des fautes moi-même. Et je ne commencerais pas à évaluer les messages que je reçois comme s'il s'agissait d'une dictée. Mais un minimum est tout de même requis!

D'ailleurs, même si on laisse le français de côté, l'échange par messagerie texte est devenu un art. Et c'est bien souvent la ponctuation qui joue un rôle crucial. J'ai notamment enseigné à mon père comment mettre un peu d'émotions dans ses textos, puisque je prenais souvent de travers ce qu'il tentait de me dire. «Ajoute des petits bonshommes, ça change tout le sens de tes messages. Sinon, tu as vraiment l'air bête!», que j'ai dit à mon père, lorsqu'il s'est mis à utiliser fréquemment ce moyen de communication.

C'est comme lorsque je texte mon patron et qu'il me répond par un «ok.». Pas un simple «ok», mais bien un «ok» avec un point à la fin. Le maudit point. À l'autre bout de l'écran, ce tout petit point fait son oeuvre. Ça y est, j'ai fait quelque chose de travers, que je me dis. L'utilisation du point d'exclamation aurait pourtant eu l'effet contraire.

Je devrais peut-être enseigner à mon patron comment utiliser les émoticônes comme je l'ai fait avec mon père. Cela m'empêcherait d'angoisser de longues minutes, lorsque je vois apparaître le satané «ok.» sur mon écran.

Mais bon, c'est peut-être moi qui accorde trop d'importance aux petits bonshommes.

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