Des espadrilles qui iront loin

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La Course pour l'enfance et la jeunesse avait... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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La Course pour l'enfance et la jeunesse avait lieu la semaine dernière.

Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Laura Lévesque
Le Quotidien

En m'inscrivant à la Course pour l'enfance et la jeunesse, la semaine dernière, je pensais d'abord à ma performance, au circuit, à mon équipement. Est-ce que je porte mes espadrilles de course sur route ou celles pour les randonnées en sentier? Quel dilemme!

Pendant ce temps, la fondation qui organisait l'événement cherchait des sous pour payer le permis de conduire à une jeune fille, pour acheter une première épicerie à un jeune de 18 ans ou pour payer des espadrilles à un ado de 15 ans qui tenait aussi à courir pour la cause. Tous des jeunes sous la responsabilité du Centre de protection de l'enfance et de la jeunesse (CPEJ) et centres de réadaptation pour jeunes en difficultés d'adaptation (CRJDA) du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«Avec les dons, on achète des choses qui vont rester aux jeunes. Pas des infrastructures ou gros projets, des choses qui vont servir personnellement à eux», m'expliquait une des représentantes de la fondation, rencontrée pendant la course.

Après avoir repris mon souffle, je n'ai pu faire autrement que penser à ces jeunes. Peut-être un peu oubliés par la société. Certains sont délinquants, d'autres ont été malmenés par leurs parents. Sans noyau familial pour les épauler, ils sont entre les mains du Centre jeunesse. Et ça prend maintenant des gens généreux pour simplement acheter une paire d'espadrilles à un jeune qui voulait atteindre un objectif de course. Un pas dans la bonne direction pour ce garçon qui avait peut-être des problèmes de drogues ou de comportement. Sans la fondation, il aurait couru avec quoi? Ce petit achat aura peut-être fait une différence dans sa vie.

Heureusement, il y a des gens qui s'impliquent auprès de ces jeunes qui se retrouvent sans ressource lors de leur passage vers l'autonomie. Les parents ne sont pas là pour les aider à déménager, à payer leur premier loyer ou même poursuivre une passion. Ce sont nos parents qui payent ces choses-là, normalement.

L'an dernier, plusieurs pharmacies de la région s'étaient engagées à fournir une trousse de départ avec des produits d'hygiène et de soins aux jeunes lorsqu'ils quittent les services jeunesse à 18 ans. Sans ces gentils pharmaciens, s'acheter un antisudorifique, des papiers mouchoirs et de la soie dentaire s'avérait un luxe pour plusieurs.

«J'ai eu 18 ans et j'ai quitté le Centre St-Georges. Seul. Pas de parents. Mon éducateur m'a aidé à m'installer et le 250$ de la Fondation m'a permis de faire une première épicerie et de m'acheter de la vaisselle. Merci!», a écrit Philippe, un jeune du Centre jeunesse qui a témoigné sa reconnaissance sur le site de l'organisation. Ça m'a brisé le coeur. De l'aide humanitaire, malheureusement, la région en a encore besoin.

Sans cette fondation et d'autres organismes de charité, les jeunes seraient quand même bien nourris et bien logés. Mais ce n'est pas suffisant. Pour développer son plein potentiel, il faut essayer des choses, vivre des expériences, comme cette journée en kayak père-fils que la fondation avait organisée pour les jeunes du centre.

C'est cliché, mais c'est vrai. Les jeunes sont notre avenir. Et comme le décrit si bien la Fondation pour l'enfance et la jeunesse, «l'appui que nous leur apportons aujourd'hui est à la base des succès de la société de demain.»

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