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CHRONIQUE / J'avais 22 ans lorsque j'ai été engagée au Quotidien. Fraîchement... (123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / J'avais 22 ans lorsque j'ai été engagée au Quotidien. Fraîchement sortie de l'école et n'ayant pas, ou presque, d'expérience de journaliste, je voulais faire bonne impression.

J'avais donc dépensé mon peu d'argent pour garnir ma garde-robe. Je me souviens comme si c'était hier de ma première assignation. C'était un dimanche et je devais couvrir l'investiture du Parti québécois dans la circonscription de Dubuc. J'avais enfilé un petit complet gris, avec des talons hauts et une chemise. Je voulais faire bonne impression et avoir l'air intelligent... J'avais plutôt l'air d'avoir 32 ans.

J'ai porté ces complets durant quelques semaines, avant qu'ils finissent par disparaître dans le fond de ma garde-robe. C'est que j'ai vite compris qu'il n'était pas nécessaire de s'habiller aussi chic lorsqu'on est journaliste. Des journalistes en coton ouaté, j'en ai côtoyé. Des journalistes en shorts aussi. J'en ai même vu chaussés de Crocs... avec des bas à part de ça.

Étonnamment, ce n'est pas si facile que ça de s'habiller, lorsqu'on pratique ce métier. Voyez-vous, en une seule journée, nous pouvons rencontrer le premier ministre du Québec et couvrir un accident de VTT survenu dans un champ perdu. Difficile de porter des vêtements qui correspondent aux deux situations.

Je me revois, en bordure de l'autoroute 70, en train de courir en talons hauts. Un petit Cessna avait dû y atterrir d'urgence et je me dépêchais pour attraper le pilote afin de réaliser une entrevue.

Plus tôt dans la journée, j'avais été affectée à une conférence de presse d'un député quelconque et je portais une jupe et des sandales à talons pour l'occasion. Deux heures plus tard, je couvrais les faits divers.

Il ventait à écorner les boeufs sur l'autoroute et je devais tenir ma jupe, en courant comme une épaisse à côté de la file interminable de voitures immobilisées en raison de l'atterrissage d'urgence. Vraiment, c'était de toute beauté.

Grelotter devant la maison d'un homme barricadé durant deux heures ou attendre de jaser aux pompiers devant une résidence en flammes chaussée de petites bottes à talons, ça m'est arrivé plus d'une fois. Devoir interviewer un criminaliste en bottes de ''skidoo'', ça m'est arrivé aussi.

Je sais, toute bonne journaliste devrait avoir une seconde garde-robe dans son coffre de voiture. Au cas où. Mais le moins compliqué, ce serait que nos patrons nous fournissent un uniforme de travail. Voilà, mon message est passé.

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