Un sourire ou un doigt d'honneur?

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CHRONIQUE / Je suis une personne courtoise et bien élevée. Je vouvoie... (Photo 123RF)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je suis une personne courtoise et bien élevée. Je vouvoie automatiquement les personnes que je rencontre, je laisse passer les piétons, je dis merci lorsqu'on me tient la porte. Je suis même courtoise au volant. Je n'ai jamais fait de doigt d'honneur à qui que ce soit. Je n'ai jamais crié sur un autre automobiliste à la lumière rouge parce qu'il m'avait dépassée quelques minutes plus tôt.

D'ailleurs, s'il y a quelque chose que je ne comprends pas, c'est bien les cas de rage au volant. Je ne vous cacherai pas que j'ai souvent sacré, seule derrière mon volant, contre les automobilistes qui me tapaient sur les nerfs. Mais il faudrait me payer cher pour que j'ose exprimer ma rage de vive voix.

Je n'ai jamais été victime d'un automobiliste en furie. Mais j'en ai entendu, des histoires niaiseuses de ce genre. Soit au palais de justice, soit de mes amis impatients du volant.

Des histoires d'un gars qui en bat un autre, uniquement parce que ce dernier l'a coupé un peu trop à son goût en effectuant un dépassement, j'en ai entendu à la tonne. Des histoires de menaces avec des bâtons de baseball ou d'autres de poursuites jusqu'à la maison d'un des automobilistes impliqués, ça arrive plus souvent qu'on ne le pense.

Bien que je ne sois pas du genre à m'emporter contre un inconnu, certains comportements d'automobilistes me font régulièrement lâcher quelques mots de l'Église assez bien sentis merci. Le pire? Ces conducteurs qui collent au derrière de ceux qui les précèdent. Je me suis retenue à plusieurs reprises pour ne pas freiner au nez de celui qui me poussait au derrière. Mais je ne l'ai jamais fait. J'ai bien trop peur qu'il sorte pour fracasser mon pare-brise à coups de barre de fer.

J'ai souvent voulu envoyer promener celui (je ne veux pas être sexiste, mais le masculin l'emporte sur le féminin. Encore plus dans les cas de rage au volant, vous en conviendrez) qui accélérait pour m'empêcher de le dépasser sur l'autoroute. Non, mais quel comportement ridicule. Je ne l'ai jamais fait non plus, préférant de loin le laisser filer loin devant, quitte à arriver deux minutes plus tard.

Mais ce qui me fait plaisir, c'est lorsqu'on me dépasse en fou et que, finalement, je rattrape cet intelligent conducteur un peu plus loin, alors qu'il patiente à une lumière rouge. C'est à ce moment que je lui fais mon plus beau sourire. Parce que, parfois, un sourire fendu jusqu'aux oreilles, c'est encore plus baveux qu'un doigt d'honneur.

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