Entre ciel et terre

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Jean Lapierre... (Archives Le Quotidien)

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Jean Lapierre

Archives Le Quotidien

Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / «Il est allé au ciel, mais ça me remet les deux pieds sur terre.» Le maire Jean Tremblay ne pouvait mieux résumer le sentiment qui m'habitait lundi, à l'annonce du décès de Jean Lapierre. Bon, pour le côté ciel, peut-être moins. Mais comme plusieurs, le drame m'a poussée à réfléchir sur mes valeurs, ma vie, mes priorités. On avait tous envie d'appeler notre père pour lui dire qu'on l'aime cette journée-là.

La mort d'une personnalité connue fait souvent cet effet. Un attentat meurtrier dans un commerce de Kaboul ça m'attriste, ça me révolte. Mais ça ne me pousse pas à passer plus de temps en famille.

La raison me semble simple. Je ne connais pas ces innocents qui meurent chaque jour, à des milliers de kilomètres d'ici. On ne connaît pas leur nom, leur visage, leur parcours... Parfois il y a des reportages touchants ou des images-chocs. Comme celle du jeune Alan Kurdi, cet enfant syrien mort noyé. «L'image a su briser l'indifférence et pousser à l'action. L'Occident a rencontré ce que j'appelle le soi-même dans l'autre», me décrivait récemment Khadiyatoulah Fall, un professeur de l'UQAC. Il avait tout à fait raison.

Jean Lapierre n'était pas mon idole. Je l'appréciais au même titre que les autres commentateurs politique. Bon, il me faisait bien plus rire que Chantal Hébert. Le fait de connaître son parcours, son visage et surtout de l'avoir entendu à maintes reprises dans les médias rend sa mort plus personnelle pour bien des gens.

«C'est fou comme la télévision fait partie de nos vies. L'annonce du décès de Jean Lapierre est la pire nouvelle que j'ai eue à gérer depuis la mort de ma mère», a publié Jean-Jacques, un de mes amis Facebook. Il compare le deuil d'une personnalité publique à celui d'un membre de sa famille. C'est fort. Mais je comprends tout à fait son sentiment. Plusieurs avaient l'impression de bien connaître M. Lapierre. Plus on en connaît sur la vie du défunt, plus sa mort nous touche. La corrélation est indéniable.

On l'a vu avec le décès de René Angélil. Le peuple québécois a été touché. Pour certains, c'était aussi triste que la perte d'un parent.

Mais quand vient le temps de payer les funérailles, il semble tout à coup moins faire partie de la famille, non?

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