Un «présumé» tueur si proche

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CHRONIQUE / Chaque journaliste a le même réflexe lorsqu'une personne se fait... (Archives Bloomberg)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Chaque journaliste a le même réflexe lorsqu'une personne se fait arrêter pour un crime grave. Dès que son identité est dévoilée, on se précipite sur Facebook pour trouver des photos et en savoir plus sur sa personnalité.

On utilise ces clichés lorsque les présumés malfaiteurs réussissent à se cacher le visage à leur arrestation. Ce qui arrive très souvent, surtout avec les routiers du crime. Ils connaissent les trucs.

Avec la sordide histoire de meurtre, survenue la semaine dernière à Saguenay, les journalistes ont sans surprise fouillé sur Facebook pour dénicher le profil de la personne arrêtée. Je ne travaillais pas sur le dossier et j'étais occupée sur une fusillade à Dolbeau-Mistassini, donc je n'ai pas cherché à connaître davantage ledit prévenu.

Mais quelques journalistes m'ont interpellée pour obtenir plus d'informations sur cet individu. Comme si je le connaissais personnellement. «C'est ton ami Facebook», m'ont répété plusieurs reporters.

Surprise, j'ai regardé son visage. J'avais beau essayer de me rappeler mon lien avec lui, mais en vain. J'avais suivi des cours de tai-chi il y a bien longtemps. Mais j'étais incapable de dire si l'enseignant était le présumé meurtrier.

J'avais probablement accepté son invitation pour de bonnes raisons. Oui, plusieurs de mes quelque 1369 amis je ne les connais pas personnellement. Mais il y a une motivation derrière chaque invitation que je confirme. Que ça soit en raison de leur métier, de leur réseau d'amis, de leur histoire et oui parfois de leur bouille. Ces gens peuvent être des sources insoupçonnées d'information. Comme ce travailleur qui m'écrit personnellement pour dénoncer les coupes dans son entreprise ou cet autre individu me confirmant la comparution d'une personnalité publique.

Il ne faut jamais sous-estimer les gens et les informations qu'ils peuvent nous fournir. Mais parfois, je me dis que je devrais resserrer mes critères.

En marchant dans le couloir du palais de justice d'Alma, l'autre jour, un des individus inscrits au rôle d'audience m'interpelle. «Salut Laura», me lance-t-il, dans un ton familier. Un peu mal à l'aise, je lui demande si on se connaît. «Ben oui, on est ami Facebook». Le mot amitié n'avait jamais été aussi galvaudé.

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