Solidarité envers cette femme qui criait au meurtre

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«Le message s'adresse ici à ma chère voisine. Toi, qui, depuis plusieurs soirs,... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Patricia Rainville
Le Quotidien

«Le message s'adresse ici à ma chère voisine. Toi, qui, depuis plusieurs soirs, nous partage ta voix angélique sous forme de jouissance/mort».

Je suis tombée sur cette publication, cette semaine, sur l'une des très intelligentes pages Spotted régionales. Ladite publication se poursuivait, l'internaute «dénonçant» les ébats sexuels bruyants de sa voisine. Par chance, elle ne donnait pas son adresse, mais, afin que la coquine puisse se reconnaître, décrivait les cris et dévoilait l'heure à laquelle ils avaient été poussés. L'internaute, via Spotted, implorait la demoiselle de baisser le volume de quelques décibels. Évidemment, en lisant cette publication une première fois, je n'ai pu m'empêcher de sourire. À première vue, c'est plutôt comique, non?

Mais, plus j'y pensais, plus j'étais découragée. Découragée qu'une fille pousse des cris de jouissance assez forts pour empêcher ses voisins de dormir? Non. Pas de tout. Même que j'avais envie de lui dire que c'était tant mieux pour elle. «Good for her», comme on dit.

Ce qui me décourage, c'est de voir le nombre de personnes qui s'amusent à publier tout et n'importe quoi sur les médias sociaux. Les fameuses pages Spotted sont de vraies mines d'or dans le domaine. On passe nos messages, bien à l'abri derrière nos écrans d'ordinateur et nos téléphones.

C'est trop compliqué d'aller voir cette voisine directement pour lui demander de baisser le volume? C'est sûrement trop gênant d'aborder la «délicate» question qu'est la sexualité face à face. Eh oui, c'est beaucoup plus facile de passer nos messages via Facebook, évidemment.

Bien entendu, cette publication a entraîné une foule de commentaires d'internautes curieux. Curieux de savoir où vivait cette femme qui criait au meurtre. Fort heureusement, ni l'adresse, ni la rue, ni le quartier n'ont été divulgués. Ça aurait bien été le comble.

Je me suis alors questionnée sur les impacts que peut avoir ce genre de publication sur les personnes concernées. J'ignore si la dame qui passe des nuits torrides a vu la publication. Bien honnêtement, je lui souhaite que non. Peut-être que je suis un tantinet trop prude, mais j'imagine qu'on ne se sent pas très à l'aise lorsque la planète Facebook est au courant des décibels qu'atteint nos cris de plaisir.

Bon, c'est vrai, il n'était pas possible de la reconnaître. Mais quand même. Elle, elle s'est sans doute reconnue. Si elle a eu le malheur de surfer sur l'une de ces pages Spotted.

Et on ne se soucie pas assez de ce que peuvent ressentir les personnes ciblées par les commentaires qu'on publie. Et c'est bien ça, le grand problème avec les médias sociaux.

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