Merci, cher cavalier

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CHRONIQUE / Le fameux bal des finissants. Je m'en souviens comme si c'était... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le fameux bal des finissants. Je m'en souviens comme si c'était hier. Mes amies et moi, nous en parlions depuis des mois lorsqu'enfin, la grande soirée est arrivée.

Coiffure, maquillage, robe, cavalier; les filles s'excitent pas mal vite avec ce genre de choses. La fin du secondaire, ce n'est peut-être pas la mer à boire, mais, pour des filles et des garçons de 16 ou 17 ans, ça marque une étape importante. Ça l'était dans mon temps et ça semble l'être encore plus aujourd'hui, comme le raconte ma chère collègue Laura. 

Personnellement, les semaines précédant mon bal ont été pas mal stressantes. C'est ma grand-mère qui confectionnait ma robe. Sa dernière création, d'ailleurs, après toute une vie de couturière. Une robe qui est toujours soigneusement rangée dans ma garde-robe en souvenir de ma grand-maman, décédée il y a quelques années.

Mais si les semaines précédant mon bal ont été angoissantes, ça n'a rien à voir avec ma robe rouge. Ni avec mes bijoux qui l'accompagneraient. Ni avec la coiffeuse que je choisirais.

Voyez-vous, je n'avais pas de copain. Et il était hors de question que je me pointe au bal avec personne à mon bras. Et, le pire, c'est que j'étais follement amoureuse d'un garçon qui avait accepté d'accompagner une autre fille que moi. Donc, il était encore plus nécessaire que je déniche un cavalier, afin de ne pas me retrouver seule devant celui qui faisait battre mon coeur. Déjà qu'il m'avait dit non, je n'allais certainement pas m'humilier davantage devant lui.

Bien évidemment, plus les semaines passaient, plus il était difficile de mettre la main sur un garçon intéressant, plus grand que moi (oui, j'étais un peu plus superficielle à 16 ans qu'aujourd'hui) et, surtout, qui n'interpréterait pas de travers mon invitation. Parce que je ne me cherchais pas de chum, mais plutôt un beau et gentil cavalier. J'en demandais pas mal, mais, que voulez-vous, j'étais une adolescente. C'est à la toute dernière minute que j'ai trouvé la perle rare. Un beau grand gars, qui avait coulé quelques cours et qui, malheureusement, ne participerait pas au même bal que ses amis, étant donné qu'il était maintenant à l'école pour les adultes. Je le connaissais via des amis communs. Il m'a sauvé la vie et je lui ai permis de célébrer la fin du secondaire avec ses chums. Le mariage parfait.

Je m'étais préparé à ce que mon beau cavalier me plante là une fois qu'il aurait passé les portes du Montagnais. Et qu'il me laisserait rapidement tomber pour s'amuser avec ses amis. Eh bien non. Pas du tout. Il s'est occupé de moi toute la soirée. Attentionné, il est allé jusqu'à me reconduire chez moi aux petites heures du matin, après avoir festoyé dans un pic de sable perdu à Saint-Honoré pour notre après-bal. Nous étions à pied et nous avions marché du McDonald's du boulevard Talbot de Chicoutimi jusqu'à mon quartier de l'époque, près du commerce Tanguay. Il avait pris soin d«emprunter» un panier dans le stationnement du Zellers, afin que je ne me fatigue pas trop. Il m'a donc laissé chez moi, à 8h du matin, à bord du panier d'épicerie. À mes yeux, c'était le comble du romantisme. Notre courte relation est restée platonique et nous n'avons pas gardé contact après cette soirée, mais, chaque fois que je croise ce charmant jeune homme, je pense à mon bal. Parce qu'un cavalier de bal, ça reste gravé dans la mémoire des jeunes filles. Et celui-là avait réussi à remplir sa mission haut la main.

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