Le mariage d'aujourd'hui

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CHRONIQUE / Test de maquillage et de coiffure, séance avec un photographe... (Photo 123RF)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

CHRONIQUE / Test de maquillage et de coiffure, séance avec un photographe professionnel, une première danse avec son père... Les bals de finissants d'aujourd'hui se trouvent à des années-lumière du mien.

« C'est toujours bien juste un secondaire cinq qu'on fête », m'a lancé cette semaineun père de famille qui n'en revenait pas de tout le branle-bas de combat autour du bal de sa fille.

À mon époque, qui n'est pas si lointaine, vous avez deviné, c'était aussi un grand événement. Mais les parents étaient tout sauf les bienvenus. C'était surtout l'après-bal que tous attendaient. Oui, la robe, c'était sacré. Notre préparation de la soirée se résumait souvent qu'à cette quête du Graal. Pour la préparation de l'après-bal, par contre, on mettait beaucoup d'efforts. On devait trouver un ensemble confortable pour marcher tout en demeurant coquette. Un art, je vous dis! On devait ensuite dénicher de l'alcool en bonne quantité, pas seulement les quelques bières que nos parents voulaient bien nous offrir pour cet événement. Car l'après-bal dure une nuit complète. Il fallait aussi se trouver un bon sac à dos pour transporter notre boisson. Parce que même si plusieurs avaient leur propre voiture, personne, à mon souvenir, n'a couru ce risque. Vigilants même dans la décadence...

Je me souviens à quel point on avait hâte de quitter notre salle de bal pour aller à la plage avec toute la bande. Ce n'était pas un lieu caché. Les gens buvaient sur le terrain municipal au su de tous. Un des finissants avait amené un bon système de son et la magie a opéré.

Mon après-bal a fait les manchettes. La soirée était en effet mémorable pour de bonnes et mauvaises raisons. Les ambulanciers ont été appelés en matinée pour une personne blessée à la suite du renversement d'une toilette chimique et un enseignant a perdu son droit de pratique parce qu'il se trouvait sur place. Toute une nuit!

Aujourd'hui, le bal a des airs d'un mariage. Avec la perte de cette tradition, les adolescentes se disent peut-être que c'est leur moment de briller. Parce que des robes à paillettes et à crinoline, on ne porte pas ça à la graduation au cégep ou à l'université.

Ou j'ai peut-être tout faux. Plus stratégiques que nous, elles cachent mieux leur intention aux parents. Elles jouent aux bonnes adolescentes qui tiennent à ce que ses parents soient là pour vivre ce rite de passage. « On va juste boire quelques bières entre filles », disent-elles à leur papa à la fin du bal. Mais en réalité, elles se dirigent au même party extérieur improvisé que celui que j'ai vécu.

Si ça peut vous rassurer, je pense qu'il y a moins de chances de dérapage aujourd'hui. Plus les parents s'intéressent aux événements de leur jeune, comme un bal, moins il y a risques de perte de contrôle. J'ai lu ça dans le Bel Âge. Ça me semble crédible.

Et aujourd'hui, les parents s'impliquent plus que jamais. Peut-être un peu trop.

J'ai contacté un des enseignants de mon ancienne polyvalente cette semaine pour voir si les parents étaient maintenant invités au bal. La réponse était pire que je pensais. Cette année, ce sont les parents qui organisent le bal des finissants.

Une mauvaise nouvelle, si j'étais encore adolescente. Mais une bonne, je l'admets, si c'était mon enfant qui finissait son secondaire cinq.

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