Se définir en tant que femme

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
CHRONIQUE / Comme vous l'avez sans doute remarqué, le 8 mars dernier, c'était... (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Comme vous l'avez sans doute remarqué, le 8 mars dernier, c'était notre journée. La Journée de la femme. Ou des femmes. Il ne semble pas encore y avoir un consensus sur la façon de nommer cette journée. Mais bon, l'appellation du 8 mars n'est pas le sujet de ma chronique.

Eh oui, on vous parle encore de la femme aujourd'hui. Que voulez-vous, vous faites affaires à deux jeunes femmes qui ont un petit côté féministe assez développé merci. Et, étrangement, la Journée de la femme me laisse souvent un goût amer, puisque c'est le 8 mars qu'on entend les pires absurdités.

Il y a quelques jours, je discutais avec un homme d'une quarantaine d'années. Un homme pourtant très respectueux de la gent féminine. Un homme qui est loin d'être sexiste ou macho. Un homme toujours prêt à rendre service et qui a le compliment facile.

Nous parlions donc de ce fameux 8 mars, au cours d'un dîner professionnel. Je lui expliquais comment j'avais reçu des commentaires, positifs et négatifs, lorsqu'il y a quelques années, j'avais décidé, via ces pages, de rendre hommage à une femme qui avait également été un homme dans le passé.

À l'époque, notre patron nous avait demandé, aux filles du journal, de choisir une dame qui nous inspirait. J'avais choisi Russel-Aurore Bouchard. Inutile de dire que j'avais reçu des tonnes de messages, tantôt de félicitations, tantôt de mépris. Ça fait partie de la job, comme on dit. Et j'aime susciter des réactions, même si elles ne sont pas toujours élogieuses. Ce texte reste d'ailleurs l'une de mes plus grandes fiertés professionnelles jusqu'à maintenant.

Pour revenir à ma conversation avec ce charmant monsieur âgé dans la quarantaine, il m'a exprimé son désaccord face à ma décision de choisir Mme Bouchard pour célébrer le 8 mars. Que j'aurais pu choisir une centaine d'autres personnes. J'ai répliqué en affirmant que, selon moi, être homme ou femme ne se définit pas seulement par ce qu'il y a dans nos pantalons.

«On en reparlera lorsqu'elle aura accouché», m'a lancé mon interlocuteur. Je ne suis que très rarement scandalisée lors de discussions. À vrai dire, il est extrêmement difficile de me choquer. Mais là, je ne l'ai pas pris. «Une femme n'est pas femme tant qu'elle n'a pas accouchée?», que je lui ai demandé.

Et une femme qui décide de ne pas avoir d'enfant?

Et une femme qui ne peut pas en avoir pour des raisons de santé?

Et une femme qui donne naissance par césarienne?

Et une femme qui devient maman en adoptant?

Et une femme qui n'a tout simplement pas la chance de vivre les joies de la maternité, pour une raison ou pour une autre?

Ce ne sont pas des femmes si elles n'ont pas vécu la douleur de l'enfantement? Ridicule, que je lui ai dit!

Rapidement, nous avons changé de sujet. Peut-être parce qu'il s'est rendu compte qu'il s'adressait à une femme qui n'a pas d'enfant. Et qui ne se sent pourtant pas moins femme parce qu'elle n'est pas mère.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer