Défi sans auto

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D'entrée de jeu, il faut que je vous avoue quelque chose. J'aimerais vraiment... (Photo 123rf)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

D'entrée de jeu, il faut que je vous avoue quelque chose. J'aimerais vraiment vous dire le contraire, mais je ne suis pas la personne la plus écolo du monde.

Je recycle, certes. Mais si un pro du recyclage examinait mon bac bleu, je ne suis pas certaine que je passerais le test. Je ne composte pas. Je ne récolte pas mon eau de pluie. Je remplis ma baignoire tous les jours. Et, surtout, j'utilise ma voiture quotidiennement. 

Donc, lorsque Laura m'a demandé si j'étais prête à relever un défi pro-environnement pendant une semaine, je n'ai pas hésité. Un changement d'habitude de vie commence souvent par un simple défi.

J'ai immédiatement pensé à l'usage abusif de mon auto. Pourquoi ne pas restreindre cette utilisation quotidienne? J'ai deux jambes après tout. Et elles fonctionnent très bien à part de ça. Nous avons aussi un service de transports en commun à Saguenay. Et, dans le pire des cas, je pourrais toujours me quêter un ''lift'' par-ci par-là.

Bon, premièrement, je dois admettre que je n'aurais pas pu laisser ma voiture dans le garage pendant une semaine. Mon véhicule fait partie de mes outils de travail. Être dépêchée sur un incendie à Jonquière en autobus, le bâtiment aurait le temps d'être réduit en cendre trois fois avant que j'arrive sur les lieux.

Donc, pendant deux semaines, je me suis lancé le défi d'utiliser mon véhicule seulement dans le cadre de mon travail.

Direction: bibliothèque

Lundi matin. Je suis en congé.

Une envie incontrôlable de me rendre à la bibliothèque s'empare de moi. Je demeure à Chicoutimi-Nord. Pas question de prendre mon auto. Je m'habille chaudement, je chausse mes bottes et je me dirige vers le pont de Sainte-Anne. Un petit 3,4 kilomètres, me dit Google Maps. Ça se fait bien. Je reviendrai en autobus si je n'ai pas le courage de remonter la côte Roussel à pied. Après une demi-heure de marche, j'arrive finalement à la bibliothèque. Mais en m'approchant, j'ai un mauvais pressentiment.

Lundi: fermé.

Eh misère. J'avais oublié ça, que Saguenay avait pris la décision de fermer ses bibliothèques le lundi. Je suis donc repartie bredouille, à pied. J'ai regardé le bon côté des choses: je musclerais un peu mes cuisses en escaladant la côte Roussel. Je n'étais pas pressée, mais je dois admettre qu'il est pas mal plus frustrant de se river le nez à une porte close lorsqu'on vient de se taper 3,4 kilomètres à pied pour rien. Mais bon, ça ne m'a pas tuée non plus.

Je peux affirmer fièrement que, durant une dizaine de jours, je n'ai pas utilisé ma voiture pour faire mes emplettes. Je me suis rendue à l'épicerie plusieurs fois à pied, puisqu'il était bien difficile de faire toutes mes courses en une seule visite. J'ai renoué avec le transport en commun trois fois. Ça devait faire au moins 10 ans que je n'avais pas mis les pieds dans un autobus de ville.

Je dois admettre que je me suis ennuyée de ma voiture à plusieurs reprises. Surtout en me gelant au terminus de Chicoutimi. Surtout en perdant une heure dans les transports en commun, alors qu'en voiture, le même trajet aurait duré 15 minutes. Surtout en marchant sur les trottoirs enneigés de la ville. Mais, encore une fois, j'ai vu le bon côté des choses. Ma facture d'essence a été beaucoup moins salée qu'à l'habitude et j'ai battu des records de pas effectués sur mon moniteur d'activité Fitbit.

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