La prochaine Dominique Maltais

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CHRONIQUE / Je me voyais déjà dévaler les pentes, comme une pro. Je m'imaginais... (Photo 123RF)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je me voyais déjà dévaler les pentes, comme une pro. Je m'imaginais les cheveux dans le vent, telle une soeur Dufour-Lapointe. J'espérais tomber en amour avec un nouveau sport. Malheureusement, ça ne s'est pas vraiment produit comme je l'imaginais.

Cette semaine, j'ai décidé de m'initier à la planche à neige. Bien décidée, je me suis rendue dans un centre de ski de la région. Mon copain, qui pratique déjà la planche à neige, m'avait promis de m'enseigner. Ce qu'il a fait à merveille. Mais, voyez-vous, je ne suis pas vraiment douée dans ce genre de sport. Pas du tout, même.

Il faut dire que j'avais chaussé des skis une seule fois dans ma vie. J'étais en sixième année et nous avions eu une sortie scolaire au Valinouët. Tout d'abord, malgré les leçons d'un moniteur, je n'ai jamais compris comment faire du slalom. Donc, je dévalais les pentes-écoles en flèche. Et je terminais ma course folle dans un banc de neige, puisque non, je n'étais pas capable d'effectuer cette foutue pointe de tarte pour freiner.

Une skieuse expérimentée m'avait d'ailleurs avertie, me qualifiant gentiment de danger public. Inutile de dire que la petite fille de 11 ans que j'étais avait voulu mourir de honte. Et, le pire, c'est que je n'étais même pas au bout de mes peines.

Imaginez-vous donc qu'en montant la petite pente à bord du T-bar, ma veste était restée coincée. Alors, au lieu de quitter le remonte-pente avec grâce, je m'étais envolée quelques secondes, accrochée à ce système diabolique. Je m'étais finalement échouée dans une montagne de neige. En me relevant de peine et de misère, j'avais vu le sourire sur le visage de l'adolescent qui contrôlait la machine. Un sourire moqueur qui m'avait traumatisée. J'avais donc terminé ma journée scolaire dans le chalet, humiliée et découragée. Et, surtout, je m'étais dit que jamais je ne remettrais les pieds dans les pentes de ski.

Presque 20 ans plus tard, j'ai pourtant récidivé. J'ai décidé d'affronter mes peurs et de retourner affronter les pentes. Ma journée a drôlement ressemblé à celle que j'avais vécue à 11 ans: désastreuse! C'est inutile, la technique ne me rentre pas dans la tête. Je ne comprends rien au transfert de poids ni à la manière dont il faut freiner. J'ai donc passé ma journée à tomber, à me relever et à réessayer. Un enfant qui apprend à skier et qui passe sa journée sur le derrière, c'est cute. Une fille de 29 ans, ça l'est un peu moins. Mais bon, je ne pourrai pas dire que je n'ai jamais essayé.

Et j'ai compris que je suis aussi mauvaise en ski qu'en planche à neige. Je devrai donc dire adieu à mon rêve d'être la prochaine Dominique Maltais.

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