L'Europe, oui mais

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Des fleurs sont déposées à l'extérieur de la... (PHOTO YVES HERMAN, REUTERS)

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Des fleurs sont déposées à l'extérieur de la station Maelbeel, à Bruxelles, mardi, une semaine après les attentats.

PHOTO YVES HERMAN, REUTERS

Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je me trouvais à Vienne, le jour où des terroristes ont sévi à Bruxelles. Une heure après l'attaque perpétrée à l'aéroport, j'ai vu les premières images au retour du déjeuner, dans ma chambre d'hôtel. Il était trop tôt pour connaître le nombre de victimes, même de manière approximative, mais les bouts de films diffusés en boucle par les réseaux de télévision m'ont fait comprendre que mon billet d'avion était devenu inopérant.

Deux jours plus tard, en effet, je devais faire escale à Bruxelles. À l'heure où les bombes ont explosé, je me serais trouvé à l'endroit même où des cerveaux fêlés ont prélevé leur tribut en vies humaines. Sur le coup, cependant, ce n'est pas cette idée qui m'a traversé l'esprit. C'est le fait que mon séjour de deux semaines, l'un des plus agréables de ma « carrière » de voyageur amorcée il y a 34 ans dans l'ex-URSS, risquait de tourner à l'eau de boudin.

Il était clair que des milliers d'individus, partout en Europe, venaient d'être plongés dans la même incertitude. Ceux dont le point de départ était Bruxelles et ceux, comme moi, pour qui cette ville ne constituait qu'une étape, en route vers la destination finale. Ajoutez l'approche de Pâques, une période de l'année où le transport aérien est très sollicité, et vous obtenez le genre de casse-tête à trois dimensions qui donne envie de rester à la maison.

Un certain vertige

Vienne est l'une des plus belles villes au monde, mais même là, on ressent un certain vertige lorsqu'on perd son billet de retour. Pour m'éclaircir les idées, j'ai décidé de marcher vers le centre-ville, au lieu de prendre le métro, afin de visiter le Musée d'art ancien. C'est ainsi que j'ai réalisé que la meilleure chose à faire dans les circonstances, ce serait de téléphoner à mon agence de voyages à la fin de l'après-midi.

Sans connaître la fin de l'histoire, je me suis alors réjoui de ne pas avoir succombé à la tentation d'acheter mes billets d'avion moi-même, par le truchement d'Internet. Les compagnies encouragent cette pratique qui ne comporte que des avantages pour elles. Que peut un individu, en effet, même un pitonneux de premier ordre, face à ces organisations de plus en plus désincarnées? Surtout quand ça dérape, comme c'était le cas ce jour-là.

De retour à ma chambre, j'ai laissé un message dans la boîte vocale de mon agente Réjeanne Poirier, au bureau du CAA à Chicoutimi. Elle m'a rappelé dans les minutes qui ont suivi, précisant que des démarches étaient déjà amorcées afin de me ramener à la maison. En attendant, elle m'a conseillé d'ouvrir un dossier de réclamation, puisque j'étais détenteur d'une assurance voyage. Sitôt expédiée cette formalité, il ne me restait plus qu'à attendre.

J'avais déjà l'esprit tranquille au début de la soirée, mais aussi le lendemain matin, alors que je me suis présenté au comptoir de l'hôtel afin de vérifier si ma chambre pouvait être retenue un jour de plus, si besoin était. La préposée m'a ensuite remis une enveloppe qui contenait rien de moins que mon nouveau billet électronique. Je partais le 24 mars, tel que prévu à l'origine: un vol Vienne-Toronto, puis Toronto-Montréal, suivi par Montréal-Bagotville.

Ça représentait un résultat inespéré, l'unique inconvénient tenant à la nuit passée dans un hôtel de Montréal, entre deux escales. Je venais de me tirer d'un mauvais pas sans coup férir, et ce, parce que j'avais eu le réflexe - je n'oserais dire la sagesse - de recourir aux services d'une agence de voyages. En prime, j'ai pu compléter mon séjour à Vienne en toute sérénité au lieu de m'abîmer le cerveau, penché sur un clavier d'ordinateur.

Une semaine plus tard, je demeure impressionné par le travail de madame Poirier. J'ai également la conviction qu'en cette époque troublée où trois « losers » suffisent pour paralyser une grande ville, il importe de mettre toutes les chances de son côté. Ce sera encore oui pour l'Europe, mais jamais sans le garde-fou que constitue une agence de voyages.

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