Panique chez les républicains

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Donald Trump s'est réjoui d'«une soirée fantastique», lors... (AP, Andrew Harnik)

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Donald Trump s'est réjoui d'«une soirée fantastique», lors du «Super mardi», à Palm Beach, en Floride.

AP, Andrew Harnik

Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Ces temps-ci, il ne faudrait pas demander aux républicains de former un peloton d'exécution. Leur premier réflexe serait de se placer en rond.

Les résultats des primaires de mardi, ce qu'on appelle le Super Tuesday, ont en effet confirmé la tendance enregistrée depuis le début de la saison électorale: la prédominance de Donald Trump. Lui seul peut désormais remporter l'investiture du parti, en juillet, en allant chercher une majorité de délégués par la voie des urnes.

Même en imaginant les scénarios les plus ésotériques, ses rivaux Ted Cruz et Marco Rubio ne pourront réunir autant d'appuis avant de se pointer à la convention. Pour gagner, ils devront espérer que le Grand Orange plafonne en bas de 50% et que des manoeuvres de coulisses permettent à l'un d'eux - ou à John Kasich - de le coiffer au poteau.

On imagine le résultat. Les millions d'Américains ayant voté pour Trump se sentiraient trahis par les élites du parti. Leur héros se serait fait voler son fromage au profit d'un type moins populaire. C'est pourtant une hypothèse évoquée ouvertement par des gens qui comptent à l'intérieur des cercles républicains.

Certains d'entre eux rejettent Trump pour ce qu'il est. Il y a eu trop d'insultes, trop de démagogie sur le dos des immigrants mexicains et trop d'incohérences, comme la fois où il a vanté Vladimir Poutine parce que celui-ci s'était montré gentil à son égard. Comment peut-on dénoncer la mollesse d'Obama après ça?

D'autres, plus calculateurs, voient venir l'élection présidentielle et le désastre que Trump fera vivre aux républicains. C'est le cas des élus du parti au Sénat et à la Chambre des représentants qui, eux aussi, seront soumis au jugement des électeurs. La perspective de perdre leur siège, ainsi que leur double majorité, les tétanise.

Longtemps, ces gens ont espéré que l'un des adversaires du milliardaire en vienne à bout. Après avoir fait le deuil des candidatures de Scott Walker et Chris Christie, ainsi que du fils Bush, porteurs d'une vision plus classique de la droite américaine, les voici au bord de la crise de nerfs.

Lundi, à PBS, l'une des observatrices les plus mesurées de la scène politique, Amy Walter, a prédit que ce cycle électoral mènera à l'implosion du parti. Il est même question de présenter un candidat républicain indépendant à la présidentielle, quitte à faciliter l'élection d'Hillary Clinton. Tout pour ne pas laisser passer Trump.

Pendant ce temps, chez les démocrates, l'ex-Secrétaire d'État a pris son erre d'aller. L'appui des Noirs, qui atteint des proportions bibliques, lui a procuré une puissante impulsion dans le sud du pays. L'avance qu'elle détient, en ce qui touche le nombre de délégués, sera difficile à effacer.

Le résultat le plus significatif fut celui du Massachusetts. Cet État proche du Vermont, le fief du candidat Bernie Sanders, est représenté au Sénat par sa jumelle idéologique, Elizabeth Warren. Malgré tout, les électeurs ont favorisé Hillary Clinton par une marge d'un peu moins de 2%.

Ce que montre cet appui, c'est que les démocrates aux penchants progressistes commencent à se rallier. En parallèle, la candidature de Sanders retrouve son sens premier, qui consistait à tirer le parti vers la gauche. Après avoir cru en sa victoire, le vieux socialiste voudra s'assurer que la plate-forme épouse ses vues.

La suite des choses s'annonce fascinante, alors que deux visions du monde - peut-être trois - seront articulées d'ici à la présidentielle. Face à Hillary Clinton qui a retrouvé l'aplomb qu'elle affichait lors des primaires de 2008, on verra comment se comportera le «loose cannon» par excellence.

Il y a six mois encore, on croyait que Donald Trump était candidat pour rire. Pour un peu, on lui aurait trouvé une parenté avec Denys 1er, l'ex-roi de L'Anse-Saint-Jean. Deux grands roux engagés dans une démarche artistique, un genre de performance. Aujourd'hui, cependant, tout le monde réalise que la farce est finie. Nous voici dans la vraie vie.

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