Trump promet le feu et la colère

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Donald Trump a promis mardi le «feu et la colère» à Pyongyang.

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Hillary Clinton avait ainsi prévenu ses compatriotes au dernier débat télévisé de la campagne électorale américaine face à Donald Trump : « On ne peut pas confier les codes nucléaires à un homme qui mord à l'hameçon au moindre tweet... » Après avoir menacé les grands partenaires économiques des États-Unis d'une guerre commerciale pour redonner les emplois avalés par la mondialisation à une classe moyenne désabusée, le locataire de la Maison-Blanche nous ramène à la crise des missiles soviétiques des années 1960 en promettant « le feu et la colère » en réponse aux provocations de la Corée du Nord.

Le dialogue avec Kim Jong-un, le jeune dictateur de Pyongyang, par médias interposés, inquiète même si les spécialistes se montrent rassurants. Car l'espace que chaque humain occupe sur notre chère planète ne sera jamais sécurisé lorsque l'orgueil anime des gens de pouvoir détenant des armes de destruction massive. Et tous connaissent bien les ravages des premières bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. On sait aussi depuis l'accident survenu le 26 avril 1986 à la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, que l'atome libéré des contraintes de son état se comporte en tueur fou.

La Route

Cormac McCarthy en a fait une démonstration terrifiante dans son roman La Route publié en français en 2008, deux ans après son lancement à New York. Dans l'adaptation cinématographique projetée en 2009, le père de famille erre avec son fils à la recherche d'un vain espoir dans des villes et des campagnes ravagées par un cataclysme dont l'auteur confie l'interprétation à l'imagination de ses lecteurs. 

Chaque page est une souffrance, car elle décrit ce que notre bonne vieille Terre pourrait offrir aux survivants d'incendies monstres allumés par les démons de l'atome. L'oeuvre paraît si réaliste qu'elle a mérité à son auteur le prix Pulitzer de la Fiction et autres reconnaissances de sa pertinence dans un monde qui court à sa perte pendant que chaque individu est à la recherche constante du bonheur.

Ma dernière lecture s'inscrit dans cette réflexion de l'insatisfaction perpétuelle malgré la générosité de la nature, la production d'innombrables biens de consommation et la qualité de vie que les pays riches savourent souvent en maugréant. C'est le récit captivant de l'affrontement Clinton-Trump, L'Amérique en colère, écrit par la journaliste parisienne Christine Ockrent. 

Les réseaux sociaux

Le livre prend la forme d'un journal de bord qui s'arrête à la veille du scrutin dont le résultat, contre toute attente, portera l'insaisissable Donald Trump à la présidence des États-Unis. 

Animatrice de l'émission Affaires étrangères de France Culture, Christine Ockrent a consacré une année entière de sa carrière à observer quotidiennement le comportement des deux candidats et de leurs partisans. Ce qui l'a inquiétée davantage, c'est le mépris de la vérité manifesté par les politiciens les plus fanatiques.

«... les faits n'ont plus aucune importance. L'ignorance devient un atout, sinon un gage de fiabilité. » Les réseaux sociaux, qui produisent le meilleur et le pire, chambardent la perception populaire de la réalité. Transmise par un ami, l'information paraît plus crédible que celle venant d'un chef de gouvernement ou d'une personne d'autorité. «Facebook est devenu un protagoniste majeur de l'arène politique...»

D'où la nécessité de la part des élus de soutenir les médias à la recherche de la vérité, notamment dans leur coûteuse opération vers le numérique. C'est le prix de la démocratie.




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