L'esprit du fjord

La Fabuleuse histoire d'un Royaume fête ses 30... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

La Fabuleuse histoire d'un Royaume fête ses 30 ans.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / L'application de la technologie 3D propulse La Fabuleuse histoire d'un Royaume dans une troisième vie qui devrait se prolonger durant au moins cinq ans. C'est l'espoir qu'entretient Saguenay en investissant près d'un demi-million de dollars dans de lumineuses illusions qui prêtent une ampleur impressionnante aux décors de l'oeuvre imaginée par le regretté Ghislain Bouchard.

Conçue en 1988 pour raviver la flamme régionaliste à la célébration du 150e anniversaire de la région, elle ne devait pas dépasser une quinzaine de représentations. Sa qualité se répandit comme une traînée de poudre dans l'ensemble du Québec. Elle a attiré plus d'un million de spectateurs durant ses 19 premières années.

Le Flo

L'intérêt finit par s'estomper. D'autres régions avaient copié le modèle, les agences de voyages n'inséraient plus La Fabuleuse dans leurs forfaits et nos deux grandes villes multipliaient les initiatives pour retenir davantage leurs citoyens durant la période estivale. Puis l'idée d'une façon moderne de raconter l'histoire du Royaume sourit à l'autorité municipale. Ainsi apparut sous la plume de Michel Marc Bouchard Les Aventures d'un Flo. Serge Denoncourt, le plus renommé comme le plus prétentieux des metteurs en scène québécois, y ajouta son originalité, mais sans produire l'effet magique attendu.

Rappelons-nous que le duo s'était montré d'une insolence qui semait le pessimisme plutôt que la fierté avec comme premier tableau, au lever du rideau, de la présence d'un autobus rempli de Saguenéens et de Jeannois en partance pour Montréal. Ce symbole déprimant de nos difficultés économiques abrégea à quatre saisons les pérégrinations du personnage éternellement jeune créé par Michel Marc Bouchard.

L'Hôtel Roberval, rendez-vous des plus fortunés pêcheurs d'Europe et d'Amérique, et l'exploit de Georges Vézina se sont taillé une place au retour de La Fabuleuse. On a toutefois remplacé le décor autour duquel s'animaient les comédiens par une projection 3D de l'immeuble original. Quant au match opposant le Canadien à l'équipe de Chicoutimi, il est plus réaliste que dans Les Aventures d'un Flo.

La première année

La tâche du grand maître de cette grandiose réalisation en perpétuel renouvellement n'est évidemment pas facile. Depuis l'ère Bouchard, les tableaux s'accumulent. Voltaire et sa sinistre allusion aux « quelques arpents de neige » est de retour cette année après s'être absenté quelques fois.

Sans doute que certains, et je suis du nombre, auraient apprécié, par exemple, en ce cinquantième anniversaire, l'apparition de De Gaulle lançant son « Vive le Québec libre ! » du balcon de l'hôtel de ville de Montréal. Le grand général avait alors fait découvrir l'existence d'une nation francophone moderne au coeur d'une Amérique du Nord anglo-saxonne. La sélection des tableaux est un choix déchirant, mais pourquoi, par exemple, éliminer des scènes rappelant les querelles politiques entre Chicoutimi et Roberval au début du développement urbain ?

Louis Wauthier, le nouveau médaillé de l'Assemblée nationale, et toute son équipe méritent l'admiration populaire. Les quatre invités, membres de la parenté, qui m'accompagnaient, sont retournés au lac Sébastien et dans le pays du curé Labelle le coeur ému et la tête enchantée. À la sortie, une dame de Portneuf m'apprit avoir assisté pour la troisième fois à La Fabuleuse. C'est le tout premier spectacle, en 1988, qu'elle a apprécié davantage. Quant au Montréalais à la stature d'athlète, il me confia en quittant son siège avoir bien aimé... « surtout la deuxième partie ».




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer