Regard sur le Saguenay

Jean Tremblay... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Jean Tremblay

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / En surtaxant les PME manufacturières et les établissements commerciaux, l'autorité municipale de Saguenay tue la poule aux oeufs d'or et fonce droit dans le mur du déclin. L'ingénieur à la retraite, Jacques Pelletier, en fait une démonstration convaincante dans Saguenay sous l'administration Tremblay, un ouvrage de 180 pages lancé la semaine dernière dans une indifférence surprenante.

Son cheminement politique le rend évidemment suspect au regard inquisiteur de la partisanerie, car il est présentement président du Mouvement Chicoutimi après avoir dirigé l'Équipe du Renouveau démocratique (ERD). Mais son examen des vingt ans de Jean Tremblay à la mairie de Saguenay est crédible puisqu'il est appuyé sur des faits et non des perceptions.

Un passionné

Pourquoi ce diplômé de l'École Polytechnique de Montréal consacre-t-il autant de temps et d'argent à la vie politique politique municipale ? Il en est devenu un très lucide vérificateur bénévole et un passionné de l'histoire régionale. Son désintéressement le classe parmi les nouveaux missionnaires de la transparence politique.

Revenons à son étude de la fiscalité de Saguenay. Jacques Pelletier y dénonce la tendance à exiger, depuis 2010, des secteurs commerciaux et industriels, une contribution excessive.

L'écart avec Sherbrooke, Lévis et Trois-Rivières, s'élève à 74 cents du 100 $ d'évaluation pour les commerces, et à 1,03 $ pour les PME. Cet accent mis sur le secteur commercial s'avère-t-il finalement l'élément négatif qui a guidé le choix de Sears dans sa décision de fermer la succursale de Chicoutimi tout en maintenant sa présence à Trois-Rivières et à Sherbrooke ? Les responsables ne le confirmeront jamais évidemment, mais le doute persiste.

Un fiasco

Le grand échec de l'administration Tremblay, selon Jacques Pelletier, se situe dans les initiatives prises pour générer la richesse nécessaire au financement de ses grands projets et procurer les emplois si précieux que la grande entreprise n'offre plus à la région depuis la mondialisation de l'activité économique.

2003 marque le début d'une ère industrielle très sombre au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec la fermeture de la Consol à La Baie suivie quelques années plus tard par de nombreuses autres usines que l'exploitation de nos ressources naturelles avait rendu prospères. La relève soutenue par des efforts financiers et beaucoup d'optimisme habite toujours l'univers des rêves quand elle n'a tout simplement pas échoué comme dans les projets d'Elkem Solar, de Cobalt 50, un projet aéronautique, et de Sigmadek, l'entreprise de Calgary qui a suspendu sa production le 5 octobre dernier, cinq mois après après avoir bénéficié d'une subvention d'un demi-million $ de Promotion Saguenay et de prêts totalisant 3,4 millions $ consentis par Québec et Ottawa pour s'installer à Saguenay.

« Et pourtant, fait observer Jacques Pelletier à la page 122 de son analyse, une entreprise de Jonquière (Remac) aurait pu devenir partenaire de Sigmadek et diminuer les risques saisonniers, mais l'administration Tremblay a préféré la mettre en danger de faillite en retardant le règlement pour le Pyramide de La Baie. » Rappelons que Remac, qui employait 85 Saguenéens, a développé beaucoup de savoir-faire dans la transformation de l'aluminium. En 2013 notamment, elle a construit, à Chandler en Gaspésie, la plus longue passerelle récréotouristique en aluminium au monde.

Comme on peut le constater, les candidats à la mairie devraient faire de Saguenay sous l'administration Tremblay leur livre de chevet avant de jouer au père Noël en campagne électorale.




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