L'oeuvre de Mgr Victor

Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Drapeau du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Bertrand Tremblay
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est peuplé de leaders naturels qui imposent leur dynamisme et leur compétence partout dans le monde. Des descendants évidemment des 14 membres de la Société des Vingt-et-un venus en chaloupe et à bord d'une petite berge s'installer à Grande-Baie, le 11 juin 1838.

La Fabuleuse histoire d'un Royaume rappelle annuellement, depuis la célébration du 150e anniversaire de la région, ce début de la colonisation dans un territoire immense réservé exclusivement jusqu'à cette époque à l'exploitation forestière. Ces ancêtres, dont certains retournèrent à leur lieu d'origine découragés par les rigueurs du défrichement, bénéficiaient de l'appui financier d'une entreprise dont chacun des 21 actionnaires avait versé une importante contribution de 400 $, l'équivalent de 80 000 $ aujourd'hui.

Pionniers oubliés

Mais on oublie, faisait observer le professeur Gérard Bouchard de l'UQAC, à l'ouverture de la 5e édition de l'Université d'été sur la francophonie des Amériques, lundi dernier à La Pulperie, ces démunis de l'arrière-pays de Charlevoix qui ont fui la misère à la recherche d'une terre bourrée de ressources naturelles au nord de la Réserve faunique des Laurentides.

Ils partirent à pied avec leur famille, traversèrent les montagnes et poursuivirent leur expédition héroïque jusqu'aux frontières de la forêt boréale. Plusieurs périrent en chemin comme ces malheureux réfugiés d'aujourd'hui qui fuient les pays envahis par les seigneurs de guerre. Les survivants ont forgé une race dont les gènes ont résisté aux plus cruelles épreuves.

Des hommes et des femmes aux qualités physiques exceptionnelles comme Pierre Lavoie, le concepteur du Grand défi. C'est l'Alexis le Trotteur de la présente génération, mais doué d'une intelligence supérieure et qui a développé au niveau de l'excellence un sens inné de la communication. L'historien Gérard Bouchard, qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les imaginaires collectifs, parle avec admiration de ces premiers arrivants sans ressources qui ont façonné à la dure leur nouvelle vie au pays des Bleuets.

Mémoires de vieillards

Il a fait leur connaissance à travers la lecture des 406 mémoires de vieillards recueillis par Mgr Victor Tremblay, le fondateur de la Société historique du Saguenay, et autres témoignages des anciens transmis par des chercheurs. Plusieurs descendants de ces pionniers à l'esprit conquérant sont devenus, au siècle dernier tout comme aujourd'hui, des entrepreneurs énergiques et innovateurs, non seulement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais partout au Québec et même ailleurs dans le monde.

Il faut se rappeler, indiquait Gérard Bouchard aux quelque 40 étudiants à la maîtrise et au doctorat ainsi qu'aux professeurs et chercheurs venus participer aux travaux de l'Université d'été, que La Pulperie fut la première multinationale financée par une génération d'agriculteurs désireux d'offrir à leur peuple exploité par le grand capital de couleur anglophone la corne d'abondance de l'industrialisation.

C'est en pensant à Mgr Victor, ce prélat domestique qui se fit l'historien de nos origines, que je suis retourné, dimanche, au berceau de la région participer à la Fête du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Disparu voilà près de 40 ans, le personnage fut un conférencier recherché et un écrivain méticuleux.

Plusieurs esprits qui ont marqué le Québec contemporain, comme les frères Lucien, un ancien premier ministre, et Gérard Bouchard, se sont abreuvés à son savoir. Son oeuvre est immense, mais malheureusement encore trop ignorée par une majorité de contemporains.




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